Contexte Historique et Théologique des Apparitions de Medjugorje

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En guise de conclusion

Dans toutes ses apparitions, Marie se présente comme une mère pleine d’attention. Chacun peut la comprendre, car son choix repose sur les petits et les pauvres, les bien-aimés de Dieu. Elle est toujours pleine de compassion, elle intercède pour les petits, elle leur donne son cœur et sa voix ; les méprisés et les dévalorisées, les marginalisés de la vie et de la société peuvent trouver chez elle un abri. Elle n’apparaît pas dans les châteaux ni dans les palais épiscopaux, mais dans les montagnes, dans les villages, dans les lieux inaccessibles, et ces partenaires sont les petits et les insignifiants, les bergers.

C’est comme si elle voulait dire : c’est aux petits que revient le devoir d’évangéliser le monde, le clergé, la hiérarchie, les évêques, les prêtres. Ce sont ces processus merveilleux qui se produisent dans presque toutes les apparitions. Il arrive souvent que même les théologiens et les chercheurs expérimentés aillent vers les voyants pour demander un conseil pour leur vie spirituelle. Les petits et les insignifiants deviennent des évangélisateurs. Dans l’histoire de l’Église, les adultes ont même eu recours aux armes comme moyens d’évangélisation (souvenons-nous seulement des pages peu glorieuses de l’évangélisation de l’Amérique Latine), alors que les petits deviennent des évangélisateurs authentiques par la force de leur parole, de leur personne et de leur vie. Ici se réalise la parole de Jésus au sujet des petits et des enfants comme paradigme de son royaume. Si aujourd’hui l’Église se tourne vers les pauvres, si notre ordre franciscain a pris pour priorité l’option des pauvres – car il existe en eux un puissant potentiel d’évangélisation – alors nous pouvons librement dire qu’il est précisément aujourd’hui d’actualité d’apprendre des petits la manière d’être évangélisé et d’évangéliser, et la manière d’aller du centre vers la périphérie. Marie se manifeste en tant que celle qui aime, attentive à tous, prompte à aider et à participer à l’œuvre de la rédemption, comme une Mère pleine de miséricorde. C’est auprès de Marie que se trouve le lieu où l’on entend les gémissements et les soupirs, où l’on console la détresse et la misère, où l’on essuie les larmes et l’on guérit les douleurs.

Le monde ordinaire, les laïcs chrétiens, ne sont plus l’objet de l’évangélisation auquel on impose des pensées et des idées d’en-haut. Les laïcs chrétiens sont devenus les sujets de l’évangélisation, sujets qui reçoivent les inspirations directement par la force de l’Esprit Saint, devenant ainsi porteurs de la Bonne Nouvelle dans le monde. Des sommets jusqu’aux plus petits dans le peuple de Dieu, tous doivent se tourner vers les besoins du monde, surtout des plus petits. Ce n’est qu’ainsi que l’évangélisation deviendra crédible. L’évangélisation n’est pas au service du renforcement des positions de la hiérarchie, mais de la naissance de nouvelles communautés de croyants. C’est l’effet des apparitions de Medjugorje. Partout naissent des communautés vivantes qui vivent dans l’esprit des messages et de l’option mariale, en faveur des plus petits, des pauvres. L’appel de Marie est adressé à tous, et tout le monde doit se mettre, comme Abraham, en route vers l’inconnu, vers les domaines inconnus et non explorés de la foi, guidé par l’appel de Dieu à la liberté.

L’effet des apparitions de Medjugorje n’est pas mesurable. Ce que la raison critique et la philosophie ont détruit, ce que la théologie catholique a grandement négligé, ce que n’osent pas faire les pasteurs de l’Église, l’Esprit de Dieu tente de le faire à travers les apparitions de Marie et ses messages au monde. Il s’agit de la conversion et de la vivification de l’organisme de l’Église, en léthargie dans de nombreuses personnes. Les petits comprennent le langage de la Gospa et l’accueillent. Au cœur du désespoir, l’espérance revient, Dieu est avec son peuple. La foi biblique et les expériences bibliques redeviennent présentes et vivantes. Medjugorje est une relecture de la Bible, Dieu se manifeste comme celui qui guide et qui libère, comme la force du lendemain. Quant à la théologie de la libération, nous en avons fait l’expérience la plus forte à travers Medjugorje. Il en va de même de la théologie du Peuple de Dieu, en tant que porteur du renouveau et de la réalisation du plan de Dieu dans l’histoire. Nous en avons fait l’expérience.

L’œuvre divine du renouveau du monde se fait avec l’aide de Marie. À travers ses apparitions et son intercession, les gens guérissent, la liberté se laisse entrevoir et naît. Le peuple devient conscient de lui-même et ressuscite. Marie devient le symbole créatif pour tout un peuple. Dans ses apparitions, elle rend aux lieux et aux peuples leur dignité originelle, elle se manifeste comme la gardienne de l’héritage reçu et le signe originel de l’inculturation authentique. Elle est en même temps la manifestation du visage maternel de notre Dieu. Là où elle apparaît, l’œuvre créatrice de Dieu dans l’histoire se manifeste. C’est ce qui est écrit au début de l’évangile de Luc et au début des Actes des Apôtres. Là où l’Esprit descend sur Marie, il laisse derrière lui une forme parfaite, dans un cas celle de Jésus Christ, dans l’autre celle de l’Église comme la parfaite œuvre d’art de notre Dieu, comme la réalisation de l’utopie sociale dont Jésus a rêvé, comme un espace de paix, de liberté et d’amour. Ce sont ces vérités existentielles fondamentales dont le monde vit et qui peuvent lui donner le sens et l’avenir. Ici, Medjugorje est un panneau indicateur pour toute une époque au seuil du nouveau millénaire.

Dr. P. Tomislav Pervan, ofm, 1995

Dr. P. Tomislav Pervan, ofm est né le 8 novembre 1946 à Čitluk. Ordonné prêtre en 1969, il obtient un doctorat en théologie néotestamentaire en 1976. Il est nommé assistant du maître des novices de la Province franciscaine d’Herzégovine, puis curé de la paroisse de Medjugorje, où il demeure de 1982 à 1988. En 1990, il est nommé vicaire provincial et, en 1994, provincial de la Province franciscaine d’Herzégovine.

P. Tomislav Pervan, OFM, 1995

 


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