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www.medjugorje.ws » Echo de Marie Reine de la Paix » Echo de Marie Reine de la Paix 158 (Juillet-Août 2001)

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Eco di Maria
Regina della Pace

Français 158

Juin- Juillet  2001


Message de Marie du 25 mai 2001:

"Chers enfants, en ce temps de grâce, je vous appelle à la prière. Petits enfants, vous travaillez beaucoup mais sans la bénédiction de Dieu. Bénissez et cherchez la sagesse de l'Esprit Saint pour qu'Il vous guide en ce temps, afin que vous compreniez et viviez dans la grâce de ce temps. Convertissez-vous, petits enfants, et agenouillez-vous dans le silence de votre coeur. Mettez Dieu au centre de votre être, afin qu'ainsi vous puissiez témoigner dans la joie des beautés que Dieu donne sans cesse dans votre vie. Merci d'avoir répondu à mon appel."

Cherchez la sagesse du Saint Esprit

Nous pouvons lire ce message comme un cheminement qui, partant d'une situation un tant soit peu déprimante, quoique réaliste: "enfants, vous travaillez beaucoup, mais sans la bénédiction de Dieu", conduit à un sommet extrèmement consolant: "témoigner dans la joie des beautés que Dieu nous accorde continuellement dans notre vie". C'est un parcours sur lequel Marie nous conduit et qui se déroule à un moment particulièrement favorable, un vrai temps de grâce. En paraphrasant un verset de la seconde lettre de Pierre (2 Pi.3,9) nous pouvons dire que le Seigneur a beaucoup de patience envers nous, voulant que personne ne se perde, mais que tous aient le moyen de se repentir et que c'est pour cela que, continuellement et avec une patience infinie, nous repropose la voie du salut.
La prière surtout, c'est-à-dire la communion en Dieu fait l'objet d'une invitation constante, continuellement répétée. Entrer en prière n'est pas l'apprentissage d'une technique ni d'une théorie où une alliance avec une philosophie. Entrer en prière consiste à communiquer avec Dieu, vivre en communion avec Lui, dans une dimension nouvelle, souvent étrangère au monde, mais profondément imprimée dans notre nature de fils de Dieu. La prière est fruit de la grâce divine, mais, en même temps, elle est aussi canal par lequel la grâce coule. Et donc, ce temps présent, qui est temps de grâce, doit être un temps tout à fait particulier de prière. Dans la prière, nous expérimentons la vie de Dieu, nous faisons l'expérience et nous vivons sa bénédiction. Dès lors, l'invitation de Marie: "Bénissez" devient extrêmement simple malgré un effet d'une grandeur illimitée: nous ne donnons rien de nous-mêmes, mais nous permettons qu'à travers nous passe la bénédiction de Dieu!
De la sorte, chercher la sagesse du Saint Esprit signifie surtout se rendre disponibles, ouverts à son action et donc pouvoir renoncer à ses propres critères de valeurs, à ses propres shémas mentaux, à son propre mode de raisonnement et de jugement. Tout est remis en question et tout reçoit la visite du Saint Esprit: c'est la conversion. Marie nous invite: "Convertissez-vous, mes enfants, et agenouillez-vous dans le silence de votre coeur." Dans cette invitation se trouvent toute la personnalité et la sainteté de Marie. Nous aussi, nous devons, comme Marie, vivre le silence qui nous parle de Dieu et dans lequel Dieu nous écoute. Le silence est recueillement, adoration, entretien intime et profond (Mt 6,6). Comme Marie, nous devons aussi (Luc 2, 51b) faire de notre coeur une réserve silencieuse de faits et événements qui nous unissent à Lui. Alors, la grâce du temps présent ne sera pas vaine pour nous et nous pourrons mettre Dieu au centre de notre être. Marie ne nous demande pas de mettre Dieu au centre de notre agir ou de nos pensées, mais de notre être.
Cela signifie que nous ne devons pas dédier à Dieu l'une ou l'autre de nos facultés, mais il faut l'accueillir au centre de notre essence, dans notre coeur, dans nos pensées, dans notre âme. Il doit être notre Tout et notre vie doit être expression de sa Présence vivante et opérante en nous. Illuminés par la sagesse du Saint Esprit, nous pourrons adorer cette Présence en nous et nous prosterner devant elle, dans le silence et dans le secret, sans cris mais en toute simplicité et vérité. Ainsi, de jour en jour, quoi qu'il arrive, nous vivrons dans la paix qui est son don propre. Nous découvrirons et nous témoignerons dans la joie des beautés que Dieu accorde continuellement dans notre vie.
La joie à laquelle nous pourrons obtenir de Dieu n'est pas la joie furtive et éphémère qu'offre le monde. Elle est parfum du ciel, saveur du Paradis, dès cette terre et cette vie. Qu'est ce qui nous empêche de prendre au sérieux les invitations de Marie et d'en expérimenter la validité?
Nuccio Quattrocchi

 

Message de Marie du 25 juin 2001:

"Chers enfants, je suis avec vous et je vous bénis tous de ma bénédiction maternelle. Particulièrement aujourd'hui où Dieu vous donne des grâces abondantes, priez et cherchez Dieu à travers moi. Dieu vous donne de grandes grâces, c'est pourquoi, petits enfants, profitez de ce temps de grâce et rapprochez-vous de mon coeur pour que je puisse vous conduire à mon Fils Jésus. Merci d'avoir répondu à mon appel".

Dans le coeur de Marie trouvons Jésus

Au vingtième anniversaire de la première apparition, le message de ce mois résume, en une extrême simplicité et une grande clarté le sens de la présence de Marie à Medjugorje: nous guider vers Jésus. La maternité de Marie à notre égare possède des racines antiques qui s'enfoncent dans la terre fécondée par le Sang du Christ en Croix (Jean 19,26-27).
Marie est notre mère selon la volonté de Jésus et sa maternité n'est pas une métaphore; elle est plus concrète et plus réelle, tellement que l'homme ne réussit pas à saisir ni à imaginer. Elle est vitale pour notre existence. Elle, qui a enfanté Dieu au monde, qui a porté Dieu dans l'humain, est appelée à engendrer, dans le Fils, les enfants de Dieu jusqu'à ce que Dieu soit tout en tous (1Cor 15,28). Elle nous mène à Jésus. Il n'est pas question d'imiter un modèle ni d'adopter certains comportements ni d'accomplir certaines oeuvres. Il s'agit de ressembler à Jésus, de devenir semblables à Lui dans notre coeur, notre âme, dans la profondeur de notre être. Il s'agit de se laisser habiter par le Saint Esprit, de le laisser agir en nous afin qu'il nous assimile toujours plus au Fils. Seul l'Esprit peut accomplir ce miracle. Aucun exercice de notre volonté ni de notre intelligence ne peut réussir de la sorte. Voilà pourquoi Marie nous recommande, depuis vingt ans, prière et abandon en Dieu.
Il faut désencombrer notre âme et notre corps de tout ce qui, non seulement est superflu mais, créant obstacle, empêche l'action de l'Esprit. Voilà pourquoi Marie nous invite au jeûne. Il ne s'agit pas de changer quelque chose dans notre vie: il faut changer radicalement de vie. Il faut donc du temps, parfois même beaucoup de temps et Dieu, par sa grâce, nous donne, est en train de nous donner tout le temps nécessaire. Combien de fois Marie nous a rappelé que nous vivons un temps de grâce; combien de fois ne nous a-t-elle pas invités à le saisir comme tel? La prolongation de la présence de Marie à Medjugorje est une grâce toute particulière et aujourd'hui, jour du vingtième anniversaire de la première apparition, mais qui est aussi le jour de ce temps de grâce, il pleut des grâces abondantes de Dieu. Il faut donc prier, c'est-à-dire se prêter à l'écoute et chercher Dieu à travers Elle. Il faut rejoindre Dieu en nous laissant engendrer par Marie.
Approchez-vous de mon coeur pour que je puisse vous guider vers mon Fils Jésus. Dans le coeur de Marie, habité par l'Esprit Saint, viendra le miracle de notre naissance d'en-haut (Jean 3,3). Ce qui est impossible à l'homme, Dieu peut l'accomplir en un seul instant. Il suffit de la désirer avec un coeur sincère. Bienheureux qui trouve en toi sa force et décide dans son coeur de faire le saint voyage (Ps. 83, (84)). Les grâces de Dieu, aujourd'hui sont surabondantes. La bénédiction maternelle de Marie nous accompagne. Qu'est ce qui nous retient encore de nous décider pour Dieu?
N.Q.

 

Les rivélations privées dans l'Église

À notre époque il n'est pas rare d'entendre parler d'apparitions, locutions, lacrimations, guérisons, prophéties, messages ou de toute façon d'événements extraordinaires souvent liés à des personnalités charismatiques ou présumées telles. Sans aucun doute l'abondance des charismes a toujours accompagné l'histoire de l'Église: le témoignage biblique, que ce soit dans la Première ou dans la Nouvelle Alliance, rapporte de nombreux épisodes dans lesquels Dieu se communique à travers des visions particulières comme des théophanies (manifestations de Dieu) et des angélophanies (manifestations d'anges); quelques livres de la Bible, comme Daniel et l'Apocalypse, consacrent une bonne partie de leur contenu à la description de visions mystiques reçues en extase.
Les vies de nombreux saints sont aussi caractérisées par par des phénomènes mystiques extraordinaires: il suffit de penser aux pères du désert, à s. Grégoire de Nysse auquel remonte le premier récit d'une apparition mariale (IV s.), à sainte Catherine de Sienne, à sainte Brigitte et à beaucoup d'autres. Saint Paul lui-même doit sa conversion à une christophanie (c'est-à-dire une apparition du Christ resssuscité). Cependant, il ne manqua pas, même parmi les saints quelqu'un qui, comme Jean de la Croix - un saint! Un mystique! Un docteur de l'Église! Contemporain et ami de Sainte Thérèse d'Avila (autre grande mystique) - témoigna toujours une grande méfiance , quasi hostilité à l'égard des phénomènes extraordinaires comme les apparitoins et les locutions. Dans l'Église se sont toujours confrontées diverses positions, chacune légitime , chacune nécessaire.
Le phénomène du mysticisme dépasse les frontières de l'Église catholique et se retrouve aussi dans l'expérience Orthodoxe (souvent les saints orthodoxes sont les mystiques par antonomase) et Protestante, qui malgré la défiance de Luther et de Calvin, continua à avoir de nombreux partisans spécialement parmi les pentecôtistes. Cela ne doit pas nous confondre: les miracles, la prophétie, les visions ne sont pas en eux-mêmes garantie de vraie religion ou d'orthodoxie (c'est-à-dire de foi juste): au dehors du christianisme aussi se rencontrent des phénomènes extraordinaires et même miraculeux qui toutefois ne suffisent pas à justifier ces religions comme étant vraies, c'est-à-dire authentiquement voulues par Dieu pour conduire tous les hommes au salut.
Il faut préciser de même que le terme mystique n'implique pas nécessairement un phénomène extraordinaire (apparitions, locutions, etc.). Le mystique dans le christianisme est celui qui vit en communion avec le Christ son Seigneur à travers l'expérience des sacrements, la méditation de la Parole de Dieu, la prière et la pratique des vertus chrétiennes: foi, espérance et charité. C'est cela qu'est tout d'abord le mystique! Donc chaque chrétien qui vit consciemment sa propre foi est un mystique! Ce préambule légitime étant fait, il faut ajouter qu'au sein du peuple de Dieu il y a certaines personnes auxquelles Dieu accorde des dons particuliers (précisément des manifestations extraordinaires) pour l'édification de tous: ces personnes sont habituellement définies les mystiques.
Si durant le moyen-âge il y eut une prolifération de phénomènes mystiques extraordinaires, la période successive au Concile de Trente (1563) a été caractérisée par une plus grande défiance due aussi bien au climat de la Contre-réforme (c'est-à-dire les initiatives catholiques pour fréner la diffusion de la Réforme protestante en Europe) - qu'à l'influence illuministe qui regardait avec soupçon et sarcasme chaque manifestation religieuse non rationnelle.
Ce sera ensuite avec le pape Benoît XIV (+1758) que l'on arrivera à la formule bien connue selon laquelle aux révélations même reconnues par l'Église on ne doit et on ne peut accorder une adhésion de foi catholique... mais seulement une adhésion de foi humaine selon les règles de la prudence. En substance donc aucun fidèle n'est obbligé à croire aux révélations privées avec la même foi par laquelle il doit en revanche croire à un dogme de foi.
Mais en même temps l'Église permet et encourage la foi dans des rivélations privées reconnues comme authentiques.
Il faut à présent apporter une précision entre révélation publique et révélation privée. La rivélation publique est unique: celle de la Sainte Écriture et de la Tradition de l'Église qui s'exprime dans les dogmes de foi. Toutes les autres révélations , quand bien même elles seraient reconnues comme authentiques par l'Église et dignes de foi (comme dans les cas de s. Brigitte, de s. Catherine Labouré, des apparitions de Guadalupe, La Salette 1846, Lourdes 1858, Fatima 1917, Banneux 1933, etc.) sont des révélations privées.
L'enseignement du magistère dans le sillage de la réflexion théologique, soutient que le but des révélations privées n'est pas d'ajouter quelque chose à la Révélation, ou de proposer de nouvelles doctrines, mais bien au contraire d'offrir un message pratique de vie chrétienne. Elles sont donc insérées et comprises dans le contexte historique et culturel dans lequel elles ont lieu, les valeurs auxquelles elles renvoient toujours demeurant intègres: une vie chrétienne plus profonde et authentique (osons dire mystique!). La Révélation biblique est achevée, mais ce n'est pas un message fermé: elle est une annonce de salut, elle est l'annonce de Jésus Christ Fils de Dieu et sauveur que chaque chrétien dans sa propre expérience personnelle, avec sa propre originalité, est appelé à rencontrer personnellement et à incarner dans l'espace et dans le temps dans lequel il vit, en distinguant ce qui est prophétique de ce qui est seulement anachronique.
Comprises de cette façon les révélations privées (que ce soient des apparitions, des messages, des locutions ou autre) nous mettent dans une situation d'authentique liberté chrétienne: face à elles nous ne réagissons ni avec répression (comme contre les prophètes que lapidèrent nos pères et que nous honorons aujourd'hui) ni même avec une crédulité ingénue (comme vers les faux prophètes que nos pères honorèrent et qu'aujourd'hui nous condannons).Les risques pour qui recherche trop facilement tous les phénomènes extraordinaires sont ceux d'une spiritualité immature, craintif jusqu'au scrupule, ancrée dans le dévotionalisme et incapable d'accueillir avec joie et maturité la liberté chrétienne: étranger aux choses concrètes du quotidien qui au contraire (hétérogénéité des fins) sont proprement le but du don mystique! D'autre part qui au contraire s'approche de ces phénomènes avec des préjugés et un air de mépris intellectuel court le risque de se fermer dans une foi qui n'a plus rien à recevoir de Dieu mais qui peut-être n'a même plus rien à donner aux hommes.
Le Concile Vatican II en dépassant la sévérité des siècles précédents, cherche à conjuguer les deux exigences en invitant à une attitude d'accueil prudent et joyeux: ces charismes, qu'ils soient extraordinaires ou plus simples et plus répandus...doivent être accueillis avec gratitude et joie spirituelle... mais c'est à l'autorité ecclésiastiquequ'il appartient de juger de leur authenticité (Lumen Gentium 12).
Bien sûr le discours se complique quand l'Église ne s'est pas encore prononcée définitivement, comme dans le cas de Medjugorje. Ici chaque fidèle, fort de son onction baptésimale et de celle de sa confirmation qui le rend prêtre, prophète et roi (c'est-à-dire appelé à lire et interpréter les signes des temps) est invité au discernement personnel, en confrontant le message de la Reine de la Paix avec l'enseignement chrétien de toujours. Et à partir des fruits à reconnaître l'arbre.
Mirco Trabuio

 

Le Consistoire pour les défis du nouveau millénaire

A chaque moment, mais spécialement dans les moments décisifs, l'Église se met à l'écoute de l'Esprit: c'est par ces paroles que le pape a présenté aux fidèles l'ouverture du 6° Consistoire extraordinaire convoqué au Vatican du 21 au 24 mai derniers, pour discuter des lignes d'orientation de l'Église pour le troisième millénaire. Six les thèmes affrontés par le pape avec tous les cardinaux: annonce et dialogue interreligieux, Église et appel à la sainteté, défis des nouveaux mouvements religieux, communion intra-ecclésiale, globalisation et solidarité, morale sexuelle et contexte culturel, mass-média et nouvelle évangélisation.
Le thème de l'écuménisme a été parmi les plus soulignés par le Consistoire, favorisé aussi par le récent pélerinage du pape en Grèce (berceau de l'Église Orthodoxe). Mais il y a surtout 3 arguments sur lesquels on a pu noter la majeure convergence d'opinions parmi les cardinaux quant à l'urgence de prendre de nouvelles initiatives concrètes de relance: sainteté personelle, misssionarité, présence de l'Église dans les mass-média. Au sujet de la sainteté personelle le pape a souligné combien l'effort prioritaire de chaque croyant et de la communauté ne peut pas ne pas être celui de tendre à la sainteté, à la recherche passionée de Dieu, à la contemplation amoureuse de sa face. Cette sainteté regarde tous les fidèles, puisqu'il y a une véritable égalité entre tous les baptisés, la différence regarde les ministères, mais non pas la substance de la vie chrétienne. Une sainteté qui rappelle renvoie à une spiritualité quotidienne nourrie par la prière et la Parole de Dieu. Une sainteté qui contamine les paroisses appelées à devenir vraiment des "communautés alternatives" où les rapports ne sont pas bureaucratiques et distants, mais chaleureux et fraternels.
Nous pouvons synthétiser le thème de l'esprit missionnaire avec les paroles du card. Tomko: Une Église de la manutention ne nous intéresse pas, mais bien une Église de la mission. Et c'est pourquoi il faut sortir des bureaux et des chaires pour aller à la rencontre des gens. L'Eglise existe pour qui n'a pas encore reçu le don de la foi, afin que tous parviennent à la connaissance de Jésus Christ, afin que chaque homme ait un rapport personnel avec Dieu qui se laisse rencontrer. La mission consiste surtout dans le fait de conquérir le coeur des personnes en leur racontant la bonne nouvelle (c'est-à-dire l'Évangile) de Jésus Christ. Le Consistoire a mis en évidence la nécessité d'une présence catholique plus marquée dans les mass-media (télévision, journaux, radio, internet) dans le but de faire connaître et comprendre sans malentendus le message que l'Église annonce au monde. De nombreux cardinaux ont parlé de globalisation de la solidarité: face à la pauvreté dramatique de millions d'hommes, le peuple de Dieu doit démontrer tout son courage.
Le consistoire laisse l'image d'une Église qui veut repartir de l'essentiel, de la prière, de la communion avec le pape, du dialogue, de la conscience que des défis énormes attendent les nouveaux évangélisateurs mais que la grâce de Dieu accompagne l'Église dans sa mission.
M.T.

 

Le Pape en Ukraine
"Je viens demander pardon"

Le Saint Père a accompli son voyage pastoral en Ukraine du 23 au 27 juin 2001, visite qui était très attendue dans ce pays baptisé il y a plus de 1000 ans (988) avec son prince Vladimir et son peuple, alors que Rome et Constantinople étaient encore unies dans la communion.
Mais cette attente fervente l'était aussi du côté du pape comme il devait le dire dans son discours, à la cérémonie de bienvenue. "J'ai attendu longtemps cette visite et j'ai prié intensément pour qu'elle puisse avoir lieu. Finalement avec une émotion et une joie intenses j'ai pu baiser cette terre d'Ukraine que j'ai me."
Le pape est allé dans une Ukraine qui aujourd'hui se trouve dans de graves difficultés démocratiques, économiques et religieuses. Après l'effondrement de l'URSS, l'Eglise ukrainienne liée à Moscou s'est divisée en trois partis: le premier, le plus important encore lié à Moscou, l'Eglise autocéphale ukrainienne, et le troisième, le patriarcat de Kiev (ces deux derniers sont en dissension avec le premier lié à Moscou et sont considérés comme schismatiques par l'Eglise russe. De plus, il y a les communautés catholiques et les grecques catholiques, autrement dites uniates). Le pape y est allé pour annoncer le Christ et un évangile qui peut infuser courage et espérance.
Comme il l'a fait déjà bien des fois, surtout lors de son pèlerinage sur les traces de Paul en Grèce, au début mai de cette année et l'année passée en Terre Sainte, le pape exprime aujourd'hui sa repentance et fait son mea culpa pour les péchés commis par les catholiques à l'égard de leurs frères et soeurs orthodoxes. Oui, là encore, dans un pays en majorité orthodoxe, avec un courage et une sincérité infatigables, il a répété: "...prosternés devant le Seigneur, reconnaissons nos fautes. tout en demandant pardon pour les erreurs commises dans un passé lointain et proche, nous donnons à notre tour notre pardon pour les torts subis." Telles ont été les paroles qui d'un coup révélaient l'esprit de ce voyage et par lesquelles le pape voulait tendre la main de la réconciliation et du dialogue vers les frères orthodoxes.
A la veille de ce voyage apostolique en Ukraine, il y a eu toute une succession d'opinions et d'attitudes de diverses natures. Les uns le voyaient dans une optique optimiste qui imaginait un possible rapprochement des deux Eglises-soeurs. D'autres au contraire l'envisageaient avec méfiance comme une pierre d'achoppement dans le dialogue oecuménique, surtout entre Moscou et Rome. Dans les milieux orthodoxes liés au patriarcat de Moscou, on a dit bien des fois que ce voyage était prématuré et qu'il avait des allures de "défi" envers les orthodoxes sous son aspect de prosélytisme catholique.
Mais le Saint Père,dans un langage très clair et serein, a tout de suite rassuré: "Je ne suis pas venu ici dans un but de prosélytisme"; et par son geste de demander et donner le pardon contre la tentation d'orgueil et la peur de l'humiliation, il ouvre la voie vers un espace d'unité où, en fait, s'exprime la vraie maturité de la foi, c'est-à-dire dans un exercice d'amour qui porte en soi le pouvoir de donner et de recevoir le pardon. Seul en effet le pardon est la vraie méthode pour abattre les murs de la séparation et construire ensemble l'unité si désirée. Mais qu'est-ce qui pousse Jean Paul II à faire des visites qui engagent tellement et sont si difficiles? Dans un voyage en Grèce il avait lui-même souligné que ce n'était pas une motion personnelle mais "parce que le Seigneur demande que, dans l'Esprit de charité réciproque, toutes les controverses passées et présentes puissent et doivent être dépassées et parce que l'Eglise catholique est irrévocablement engagée dans un cheminement d'unité avec toutes les Eglises".
Cet engagement oecuménique, le pape l'a exprimé ici aussi en Ukraine, dans cette terre majoritairement orthodoxe, avec une voix prophétique qui engageait les chrétiens "à retrouver la communion de tous les disciples du Christ". C'est la voix d'un pape qui devrait apporter une grande contribution à la Commission mixte internationale, composée des représentants des deux Eglises, depuis plus de 20 ans et qui stimule le dialogue entre catholiques et orthodoxes. La visite de Jean Paul II en Ukraine au début du nouveau millénaire est signe d'espérance pour ce pays, pour les fidèles de l'Eglise gréco-catholique et l'Eglise latine et aussi pour les hommes de bonne volonté qui travaillent pour le bien de l'homme. Les paroles de la lettre apostolique Novo Millenio Ineunte sont particulièrement aptes à décrire l'esprit et le but de la visite du Saint Père: "Avançons avec l'espérance! Un nouveau millénaire s'ouvre devant l'Eglise comme un océan fait pour l'aventure quand on compte sur l'aide du Christ".
Pietro di Mattia

 

Le peuple russe porteur de Dieu

"Mes relations avec la Russie ont commencé avec ma conversion. Ce qui a provoqué le réveil de ma foi (qui cessait d'être "formelle" après une rencontre authentique et sincère avec le Christ) a été la lecture de Dostojevskji".
C'est sur ces mots que le P. Divo Barsotti, moine et théologien, expert en spiritualité et à la fois grand spirituel, introduit son Journal de voyage (Ed. Messaggero, Padoue): petits aperçus qui relatent les rimpressions que sa Russie bien-aimée a provoquées en lui lorsqu'il a fini par y aller en 1996, après une vie passionnée d'amour pour cette terre et les hommes qui l'habitent.
Avec des nuances délicates mais très profondes, le vieux prêtre raconte sa prise de contact avec les lieux, l'art, l'Eglise, mais surtout le peuple qui lui laisse un signe indélébile de fraternité et d'amour. "Grande est la pauvreté des gens, dit-il encore dans son journal, mais jeunes et vieux la supportent avc dignité. Quand ils me voient avec l'habit monastique, ils se pressent autour de moi, voudraient me parler, mais toute conversation est impossible: je suis peiné, gêné; je souris. Je suis attiré par l'art des cathédrales que nous visitons, mais encore plus ému par les gens que je trouve. Aucun chef d'oeuvre ne peut remplacer l'homme vivant et aucune expérience ne pourra jamais dépasser l'expérience d'une solidarité humaine, disons plutôt de l'amour fraternel qui nous unit dans le Christ. On ne peut évidemment pas nier qu'il faut appartenir à l'Eglise, mais est-ce qu'il peut ne pas appartenir à l'Eglise celui qui, dans le Christ, vit l'amour que lui seul a apporté au monde?
Pendant que je m'assieds, s'approche presque à l'improviste une femme et en arrière de moi la voilà qui s'assied. C'est une vieille. Je sens sa main qui me caresse la tête. Elle sait qu'elle ne peut pas me parler, mais avec ses yeux et son geste un peu gêné, elle me dit son humble dévotion. Le peuple ne fait pas de différence entre prêtre orthodoxe et prêtre catholique. Si le fidèle reconnaît dans le prêtre la présence du Christ, cette présence suffit pour lui inspirer un sentiment de vénération et d'amour.
Cependant ma rencontre de quelques religieuses m'a beaucoup choqué: elles n'avaient pas envie de nous parler: nous étions des hérétiques. J'en souffre et je me dis: quand viendra donc le jour où nous nous reconnaîtrons frères? Quand donc l'amour nous fera-t-il dépasser toute divergence? Bien sûr, nous sommes déjà un dans le Christ, mais justement cette unité doit se manifester ausssi dans le signe de l'Eglise universelle. Et alors repensant à l'attitude de ces moniales et d'autres représentants de l'Eglise orthodoxe qui ne nous ont pas caché leur méfiance: cela m'ennuie il est possible que justement la foi au lieu de créer l'unité rende moins facile la communion qui pourtant est si vraie et si belle dans le peuple? Ce premier refus que nous avons eu d'une relation d'amour nous est venu de religieuses qui devraient témoigner de cet amour... Et alors j'ai prié pour que la Russie redevienne la sainte Russie et le peuple qui porte Dieu".
(Traduit librement de : Dans la sainte Russie)

Le Magistere et le messages: une indivisible réalité

Il existe une consonance évidente, une analogie de contenu surprenante et même une coïncidence jusque dans la lettre entre les expressions les plus significatives du Magistère Public du Pape actuel et les invitations de la Reine de la Paix à Medj-ugorje. Cette coïncidence ne relève pas du hasard. Elle apparaît telle une irradiation d'une nature supérieure que l'Esprit, depuis les origines, a imprimée à l'action missionnaire de l'Eglise, qui s'est donnée dans l'histoire des hommes par les deux ailes du ministère et du charisme donné d'en-haut.
Ceci se manifeste avec évidence déjà pour la première communauté apostolique. Là, en effet, l'ordre hiérarchique et la liberté de l'Esprit, qui souffle où il veut, apparaissent mystérieusement conjugués ensemble, au sein d'un dynamisme de grâce, généré par l'amour miséricordieux du Père, pour féconder l'Epouse de l'Agneau de fils toujours nouveaux. Elle est continuellement appelée à "engendrer à la vie nouvelle et immortelle, les enfants, conçus par l'oeuvre de l'Esprit Saint et nés de Dieu." (Lumen Gentium, n°64).
Dans cette oeuvre fondamentale de salut, comme il nous l'est rappelé dans les plus récents documents conciliaires, Marie revêt un rôle unique et tout à fait spécial. "Par son amour maternel, elle prend soin des frères de son Fils, encore pérégrinants et placés dans les dangers et dans l'anxiété avant d'être conduits vers la bienheureuse patrie." (Lumen Gentium, n°62) Il ne faut donc pas s'étonner qu'en ce temps de grâce qui est le temps de Marie (voir message du 25.01.1997) où Dieu a confié à Elle la charge de guider les troupes des fils de la lumière vers la victoire définitive de son Coeur Immaculé sur toutes les forces des ténèbres présentes dans le monde, l'Esprit ait appelé à la tête de l'Eglise un vrai consacré à Marie, son fils le plus cher, qu'Elle a choisi spécialement pour le temps présent: "Priez, mes enfants, pour la santé de mon fils le plus cher qui souffre, que j'ai choisi pour les temps présents" (Mess. 25.08.1994). Un fils aimé que la Vierge, tout en ne le privant pas de grandes épreuves et souffrances de toutes sortes, supportées et offertes en faveur du corps du Christ qu'est l'Eglise (Col. 1, 24), a constamment protégé et défendu, même par des interventions extraordinaires, pour le préserver des dangers mortels et des mains homicides armées par Satan et ses acolytes: "Ses ennemis voulaient le tuer, mais moi je l'ai protégé" (Mess. 13.05.1982).
Il n'est pas surprenant que la Reine de la Paix, à plusieurs occasions, s'adresse à lui avec une familiarité toute maternelle. Ainsi, en septembre 1982, la Vierge l'exhorte à étendre son service pontifical à l'horizon d'une paternité universelle qui embrasse tous les hommes, de toutes races et religions, bien au-delà des frontières visibles de l'Eglise catholique. Cela, en effet, caractérisera de manière marquante tout le pontificat de Jean-Paul II: "Le Pape se considère comme le père de tous les hommes et non seulement des chrétiens. Il propagea infatigablement et courageusement le message de paix et d'amour entre les hommes" (Mess. 26.09.82).
Environ une année plus tard, par Jelena, la Vierge lui adresse encore un appel personnel à persévérer, avec une fermeté apostolique, jusqu'à la victoire, dans l'oeuvre entreprise au service de l'Amour et de la Vérité du Christ. "Prie, prie, prie! Ne te décourage pas. Sois en paix car Dieu te fait la grâce de l'emporter sur Satan." Elle l'exhorte aussi à répandre, dans l'Eglise entière, le message de paix qu' Elle adresse au monde à Medj. Elle l'invite à se faire l'artisan décidé de l'unité des chrétiens et à transmettre, spécialement aux jeunes, la lumière prophétique de l'Evangile: "Dans mes messages, je recommande à tous, et en particulier au saint Père, de répandre le message que j'ai reçu de mon Fils, ici à Medj. Je désire confier au Pape la parole avec laquelle je suis venue ici: MIR, la paix qu'il doit répandre partout. Et voici un message spécial pour lui: qu'il réunisse le peuple chrétien par sa parole et sa prédication. Qu'il communique, surtout aux jeunes, les messages reçus du Père dans ses prières, lorsque Dieu l'inspire" (Mess. 16.09.1983).
Ce n'est pas par hasard que, à quelques années près, quand le moment fut venu, le pape aie promulgué l'encyclique Ut unum sint, pierre angulaire de chemin oecuménique de l'Eglise et que, en juin 1986, il ait pris la décision de la première Journée Mondiale de la Jeunesse, destinée ensuite à se répéter périodiquement et à devenir un rendez-vous incontournable de grâce avec les jeunes du monde entier. Il n'est même pas difficile, selon nous, de reconnaître un lien profond entre la présence spéciale de Marie, aux temps présent, et une multitude d'écrits magistériels du Pontife actuel. Ils sont intimement reliés par un fil profond de grâce mariale qui semble s'étendre aussi à des décisions pastorales décisives, souvent tout à fait inattendues, surprenantes par leur caractère apparemment révolutionnaire, mais qui se révèlent ensuite, en dépit des prévisions des autorités associées aux travaux, chargées d'une fécondité spirituelle inattendue pour le monde et pour l'Eglise universelle.
Est évidente aussi, une analogie subtentielle des thèmes et des contenus présents dans le message de la Reine de la Paix à Medj. avec quelques documents fondamentaux qui ont marqué de manière significative le pontificat actuel (Dives in Misericordia, Salvifici Doloris, Redemptoris Mater, et beaucoup d'autres) qui semblent aussi traduire en termes théologiques les simples mais profonds appels de Marie. A cet égard, selon nous, il faut souligner la dernière Lettre Apostolique Tertio Millennio ineunte promulguée le 6 janvier 2001, destinée à tracer et à éclairer la route de l'Eglise du troisième millénaire. Elle semble proposer, de manière emblématique, à toute la Communauté écclésiale, les éléments fondamentaux du message de Marie à Medj. Ainsi, au chapitre III, le Pape, indiquant les priorités pastorales de l'Eglise du troisième millénaire, indique qu'il apparaît, avec une force particulière, selon lui, dans l'ordre: la sainteté, qui exige une véritable pédagogie de la sainteté (N°30), la prière, qui doit charmer le coeur (N°32), l'Eucharistie, un engagement irrrévocable, à vivre comme un besoin d'une vie chrétienne vraiment consciente et cohérente (N°36), le Sacrement de la Réconciliation, où l'on trouve le Christ comme Celui chez qui Dieu nous montre Son Coeur compatissant (N°37) et enfin, le primat de la Grâce qui nous ramène au primat de la vie intérieure et de la sainteté, vérité qui ne peut être vécue que dans la prière (N°38). Il aurait été difficile d'exprimer de manière plus lumineuse et chargée de la grâce du ciel, le coeur profond du message de Marie à Medjugorje!
Dans l'homélie faite à Fatima, le 13 mai 2000, à l'occasion de la Béatification de François et de Jacinthe, le pape nous répète: "Je vous dis que l'on progresse davantage en peu de temps, lorsqu'on se met à l'école et à l'écoute de Marie que durant des années entières d'initiatives personnes, fondées seulement sur nous-mêmes. C'est comme cela que les petits bergers sont devenus rapidement saints." (Homélie du Saint Père à Fatima). Et nous, aujourd'hui, à TOI qui, depuis vingt ans, frappes infatigablement à la porte de nos coeurs endurcis et "attends seulement notre OUI pour le présenter à Jésus afin qu'il nous comble de Sa Grâce" (Mess. 25.05.1992), nous voulons répondre avec une conscience renouvelée de vrais enfants, serrés sur le coeur de ton Fils le plus cher: Totus tuus, (Entièrement à Toi) Marie, ô notre Mère et Reine de la Paix.
Giuseppe Ferraro

* La logique humaine ne parvient pas toujours à comprendre la manière d'agir de Dieu et de la Vierge Marie. Les faits de Lourdes, par exemple, montrent que la Vierge ne répondait pas aux sollicitations de Bernadette (Ce n'est qu'après plusieurs jours qu'Elle répondit à la question: "Comment t'appelles-tu?"). De la même manière, ses appels n'étaient jamais accompagnés d'explications. Elle les énouçait et puis c'était tout. ("Va toucher le sol à cet endroit et là sortira une source"). Une ombre de mystère couvrait ses paroles de manière à empêcher de saisir ce qu'il y avait derrière. Mais si à Lourdes la Vierge avait fourni les motifs précis de son intervention, il n'y aurait pas eu de place pour la foi, pour l'espérance et pour l'amour. Marie préfère laisser champ-libre à ces vertus.
A Medj. aussi, les messages sont brefs, simples et comportant juste l'essentiel. Marie ne satisfait pas notre curiosité portant sur l'avenir; elle nous laisse sur le tarrain de la foi, de l'espérance et de l'amour. Elle dit seulement: "Priez". Même lorsque les voyants posaient des questions à propos de malades elle répliquait: "Ayez foi, priez et jeûnez". Si l'on ne s'ouvre pas intérieurement pour se situer au niveau de la communication de Marie, on n'arrive pas à comprendre ses messages.
Ne demeureront que des paroles toutes extérieures, mais, de ce genre de paroles, nous en avons déjà de trop!
Nous possédons la Bible: toutes les paroles du Seigneur s'y trouvent, mais elles ne pénètrent pas notre coeur; elles ne sont pas vivantes en nous. La présence de la Reine de la Paix à Medjugorje exprime le désir de Dieu de rendre vivantes ses paroles dans notre vie intérieure et cela ne s'obtient que dans la prière.
T.V.

 

La grandeur de le petite Bernadette

Je ne te rendrai pas heureuse en ce monde, mais dans l'autre! C'est ce qu'elle s'était entendre dire par la " Dame vêtue de blanc " qui lui était apparue le 11 février 1858 dans la grotte de Massabielle. Elle était une fillette de 14 ans à peine, quasi analphabète et pauvre dans tous les sens du terme, que ce soit pour les faibles ressources économiques dont disposait la famille, ou pour ses capacités intellectuelles limitées, ou encore une santé extrêmement chancelante, qui avec ses continuelles crises d'asthme ne lui permettait pas de respirer. Comme travail elle faisait paître les brebis et son unique passe-temps était le chapelet qu'elle récitait chaque jour, y trouvant consolation et compagnie.
Cepandant ce fut précisément à elle, une jeune fille apparemment à " écarter " selon la mentalité mondaine, que la Vierge Marie se présenta sous le titre que l'Eglise avait, à peine 4 ans auparavant, proclamé comme dogme: "Je suis l'Immaculée Conception", lui dit-Elle durant une des 18 apparitions que Bernadette eut dans cette grotte proche de Lourdes, sa localité d'origine.
Encore une fois Dieu avait choisi "ce qu'il y a de faible dans le monde pour confondre les sages " (1Cor 1,27), en renversant tous les critères d'évaluation et de grandeur humaine. C'est un style qui s'est répété au fil du temps, y compris en ces années où le Fils de Dieu Lui-même a choisi parmi d'humbles pêcheurs ignorants les Apôtres qui auraient du continuer sa mission sur la terre, donnant vie à la première Eglise "Merci parce que s'il y avait eu sur la terre une fillette plus ignorante et plus sotte Vous auriez choisi celle-là..." écrivait la jeune femme dans son Testament, consciente que Dieu choisit ses collaborateurs privilégiés parmi les pauvres et les petits.
Bernadette Soubirous était le contraire d'une mystique; son intelligence, comme on l'a dit, était seulement pratique et sa mémoire faisait défaut. Cependant elle ne s'est jamais contredite quand elle racontait ce qu'elle avait vu et entendu dire "dans la grotte par la Dame vêtue de blanc, avec une ceinture bleu ciel à la taille". Pourquoi la croire? Précisément parce qu'elle était cohérente et surtout parce qu'elle ne cherchait pas d'avantages pour elle, ni popularité, ni argent! Et puis, comment pouvait-elle savoir, dans son extrême ignorance, cette vérité profonde et mystérieuse de l'Immaculée Conception que l'Eglise avait à peine définie? Et ce fut proprement cela qui convainquit son curé.
Mais si pour le monde s'écrivait une nouvelle page du livre de la miséricorde de Dieu (la reconnaissance de l'autenticité des apparitions de Lourdes arriva à peine 4 ans après, en 1862), pour la voyante commençait un chemin de souffrance et de persécution qui l'aurait accompagnée jusqu'à la fin de sa vie. Je ne te rendrai pas heureuse en ce monde... La Dame ne plaisantait pas. Bernadette fut bien vite victime de soupçons, de moqueries, d'interrogatoires, d'accusations en tous genres, et même d'une arrestation. Pratiquement personne ne la croyait: est-il possible que Notre-Dame ait choisi une fille comme elle? Disait-on.
La jeune fille ne se contredisait jamais, mais pour se protéger de tant d'acharnement il lui fut conseillé d'entrer dans le monastère de Nevers. "Je suis venue ici pour me cacher" affirma-t-elle le jour de sa prise d'habit et elle évitait avec attention de rechercher des privilèges où faveurs seulement parce que Dieu l'avait choisie d'une façon complètement diverse des autres.
Il n'y avait pas de danger. Ce n'était pas ce que la Vierge avait prévu pour elle ici sur la terre... De fait, au couvent aussi, Bernadette dut subir une série continuelle d'humiliations et d'injustices comme elle-même l'atteste dans son Testament: "Merci d'avoir abreuvé d'amertume le coeur trop tendre que Vous m'avez donné, pour les sarcasmes de notre Mère, sa voix si dure, ses injustices, ses ironies, et pour le pain des humiliations, merci . Merci d'avoir été la privilegiée des reproches dont les soeurs disaient: quelle chance de ne pas être Bernadette!". Tel était l'état d'âme avec lequel elle accueillait le traitement qui lui était réservé, y compris l'amère affirmation de la Supérieure quand l'Evêque était sur le point de lui confier une charge: "Elle n'est bonne à rien". L'homme de Dieu, en rien intimidé, répondit: "Mon enfant, puisque vous n'êtes bonne à rien, je vous donne l'emploi de la prière". Involontairement il lui assignait la même mission que l'Immaculée lui avait déjà confiée à Massabielle, quand Elle demandait à travers elle à tous: Conversion, pénitence, prière... Durant toute sa vie la petite voyante obéit à cette volonté, priant dans l'effacement et supportant tout en union à la passion du Christ. Elle l'offrait, dans la paix et dans l'amour, pour la conversion des pécheurs, selon la volonté de la Vierge.
Cependant une joie profonde l'accompagna tout au long des 9 ans qu'elle passa au lit avant de mourir encore jeune à l'âge de 35 ans, minée par un mal qui s'aggravait de plus en plus. A qui la consolait elle répondait, avec le même sourire qui l'avait illuminée durant les rencontres avec la Vierge: "Marie est si belle que tous ceux qui la voient voudraient mourir pour la revoir".
Quand la douleur physique se faisait plus insupportable, elle soupirait: "Non, je ne cherche pas de soulagement, mais seulement la force et la patience". Sa brève existence s'est donc écoulée dans l'humble acceptation de cette souffrance qui servait à racheter les nombreuses âmes qui avaient besoin de retrouver liberté et salut. Une réponse généreuse à l'invitation de l'Immaculée qui lui était apparue et qui lui avait parlé. Et, consciente que sa sainteté n'aurait pas dépendu du fait d'avoir eu le privilège de voir la Vierge, Bernadette terminait ainsi son Testament: "Merci, ô mon Dieu, pour cette âme que Vous m'avez donnée, pour le désert de l'aridité intérieure, pour votre nuit et vos illuminations, pour vos silences et vos éclairs; pour tout, pour Vous, absent ou présent, merci Jésus".
Stefania Consoli

* La dépouille mortelle du bienheureux pape Jean XXIII a été transférée dans un nouveau tombeau à l'intérieur de la basilique Saint-Pierre pour faciliter l'afflux des pélerins qui désirent s'arrêter en prière devant sa tombe. En préparation à cet événement a été effectuée reconnaisance médicale et canonique de la dépoiulle mortelle du vieux pontife et, à l'émerveillement de tous, elle a été retrouvée intacte. Le visage apparaît serein, détendu, presque souriant. Ce don que Dieu a accordé au pape Roncalli le place parmi ces saints (comprise s.Bernadette) qui avant lui avaient conservé intact leur propre corps dans l'attente de la résurrection finale.

Ceci est une béatitude difficile à comprendre parce que l'homme, de par sa nature, tente de fuir la souffrance. Connaissant cette faiblesse, la Vierge en a souvent souligné la valeur en nous invitant à l'accueillir avec amour pour qu'elle devienne un outil de salut pour nous et pour les autres.
A Jelena Vasilj, la Vierge confiait, en septembre 1988, ces mots, à transmettre au Groupe de Prières que la Vierge Elle-même guidait par ses messages:
"Je me réjouis, chers enfants, de vous voir désirer aller vers Jésus en portant chaque jour votre croix. Acceptez-la courageusement. Mes enfants, ce chemin est couvert d'épines et pénible, mais sachez que je me tiens à vos côtés et que je ne vous abandonnerai à à aucun moment de votre vie. Je désire que vous cheminiez avec joie sur la route de la croix. Rappelez-vous que Jésus ne s'est jamais plaint en portant sa croix pour vous. Dès lors, soyez dans la joie, vous aussi, lorsque vous la portez pour l'amour de Jésus."

 

"Heureux les affliges"
par Jelena Vasilj

Lorsque nous méditons à propos de la souffrance humaine, nous devons toujours considérer que nous nous trouvons devant un mystère inépuisable. En effet, elle fait partie de l'homme qui est un mystère pour lui-même et n'est connu en profondeur que par son auteur. La vie de l'homme, dit saint Paul, est cachée et sera révélée dans toute sa gloire lors de la venue du Christ (Col.3, 4). La souffrance est la preuve la plus grande que l'homme n'est pas seul, qu'il a son origine ailleurs, c'est-à-dire en Dieu. L'homme était fasciné à l'idée d'être le maître de sa propre vie et ce, depuis les origines, lorsqu'il se trouvait encore dans le jardin d'Eden, en s'appropriant les prérogatives que la vie porte en soi. Et pas seulement de sa propre vie, mais aussi de celle des autres. Dieu, cependant, lui fait vite comprendre qu'une telle décision aurait des conséquences graves comme celle de connaître la mort (Genèse, 2, 17).
Par le péché, l'homme a été effectivement soumis à la mort et, avec celle-ci, à la souffrance aussi qui est à considérer comme une sorte de mort ou de privation de ce bien dont l'homme profitait dès sa création. Il faut noter que l'être humain, à ce moment-là déjà, était exposé au travail et à l'action. Il est donc erroné de penser que son unique occupation fut de manger les fruits d'Eden!
On sait cependant qu'il n'éprouvait pas de fatigue au travail car celle-ci fut l'objet de la punition qui suivit le péché. C'est pour cela que Dieu a dit: "Le sol sera maudit, par ta faute. C'est dans la fatigue que tu en mangeras le fruit, tous les jours de ta vie" (Gen. 3,17). Pour remédier à cette privation du bien, l'homme doit être repris en mains par Dieu. Et c'est précisément la souffrance qui lui rappelle qu'il doit confier sa propre vie à l'autre, qu'il n'est pas autosuffisant et que plus il se détache de Dieu et des autres, plus son vide intérieur croît.
Le péché de notre premier parent nous a fait hériter d'une nature infirme, sujette à la souffrance physique et morale. La vraie maturité ne consiste pas en la capacité de contrôler sa propre vie, ce ne quoi nous commettrions l'antique péché, mais en la découverte que la blessure qui saigne a besoin d'un Médecin qui est venu pour soigner les malades et nous demande, comme aux Apôtres: "Pourquoi avez-vous peur?" (Mat. 8, 26)... et nous pourrions ajouter: "De votre souffrance".
Avoir confiance en Jésus et suivre son exemple doivent être les deux attitudes fondamentales de l'homme lorsqu'il se trouve confronté à la souffrance. La foi est nécessaire parce que la Crois du Christ est le lien de la nouvelle alliance. Par elle, nous somme à nouveau reliés à la Divinité, par le sang du Christ. En imitant la manière selon laquelle le Christ lui-même s'est comporté, nous aurons la révélétion de sa volonté eucharistique: "Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre" (Jean 4, 34).
Nous aussi, dans l'Eucharsitie, nous sommes nourris par cette volonté. Mais nous oublions souvent qu'en elle nous est donnée toute la personne du Christ. Dans la souffrance, il est donc nécessaire d'unir notre volonté d'action de grâce et d'offrance à celle de la Très Sainte Trinité et de vivre en ayant une parfaite conscience d'être continuellement embrassés par la Famille Divine.
Nous pouvons en déduire que la plus grande souffrance s'expérimente lorsque l'on n'est pas en présence de Dieu. Tel un bébé qui, bien que souffrant, retrouve la paix en présence de la maman, ainsi trovons-nous notre repos sur le sein du Père. Nous ne devons jamais nous détacher du Christ dont nous sommes le corps. Ainsi, par son Ascension, il nous procure déjà le repos du ciel et, de la même manière, il souffre en cette partie de son corps qui est encore sur la terre. Nous devons prier le Saint Esprit, le Consolateur des affligés, lui qui est la vie et la force de Dieu. Mais un tel réconfort naît eulement de l'espérance qui est générée par la vertu de patience qui, à son tour, est le fruit de la souffrance (cfr. 2 Cor. 1,6). Confions nous à son Epouse Marie, consolatrice des affligés, afin que son coeur transpercé puisse devenir pour nous une source de consolation.

 

* Au cours des mois d'avril et mai 2001, les lecteurs d'Echo francophone ont envoyé 46.290 Fr. Que les généreux donateurs veuillent bien trouver ici l'expression de la gratitude des bénéficiaires..

* Pour diffuser les messages et les vivre dès leur parution vous pouvez recevoir les quelques lignes du message mensuel dès le 27 de chaque mois (postés le 26) et ceci en autant d'exemplaires que vous le souhaitez; il suffit d'en faire la demande à l'adresse ci-dessus.

* L'ECHO en cassettes-audio pour non-voyants (mensuel) les personnes intéressées peuvent s'inscrire également à cette adresse.

* L'Echo de Marie Reine de la Paix est gratuit. L'oeuvre vit d'offrandes.
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Pourquoi la Vierge apparait-elle?

Le P. Divo Barsotti, théologien âgé de 87 ans, fondateur de la Communauté monastique des Fils de Dieu, explique, d'un point de vue théologique, la raison des apparitions mariales et celle d'une telle fréquence des apparitions.

Que signifient les apparitions de la Vierge? C'est une question un peu vague car elle ne distingue ni les lieux ni les époques. Elle ne tient pas compte des situations historiques, culturelles et sociales qui entourent ces événements. C'est l'apparition en tant que telle qui pose problème. L'aide nous vient de la théologie orientale avec son interprétation de l'épisode évangélique de la Transfiguration (Mt. 17,1-8).
Selon cette théologie, ce n'est pas Jésus qui a changé, en se transfigurant sous le regard des Apôtres, mais ce sont les yeux des Apôtres qui sont devenus capables de capter la lumière de Dieu. Nous ne devons pas penser que Dieu est loin de nous. Il nous est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes, mais si ceci est vrai pour le Seigneur, c'est vrai également pour la Vierge. Une maman, en effet, pourrait-elle se tenir à distance de ses enfants? Une mère pourrait-elle ne pas s'occuper d'eux?
La première raison, donc, de l'apparition de Marie, est le fait que l'apparition réponde à un vrai besoin, propre à l'être humain, de connaître sa mère et de vivre en lien avec elle. Nous sommes tous des petits enfants en face de Dieu et de la Vierge, des enfants qui tâtonnent parce qu'encore tout petits et incapables de marcher droits et de poursuivre.
La Vierge ne peut se tenir loin de personne. Si nous la prions, Elle nous écoute. Il est impensable qu'une créature humaine puisse écouter en même temps des millions de personnes avec tous leurs tracas et leurs difficultés. Et cependant, nous croyons que la Vierge a cette possibilité parce qu'elle appartient déjà au monde de Dieu et Dieu accorde à la créature humaine ses propres attributs. Naturellement, il ne s'agit que d'une participation à de tels privilèges. Il n'y a pas d'identification de Marie à Dieu, mais une véritable participation. Marie vit de la vie divine et, ce faisant, elle ne peut souffrir des conditionnements du temps et de l'espace.
Marie est présente partout, Elle est présente à chacun, Elle est présente en tant que mère qui accueille ses fils et partage leur vie. Pourquoi devrait-elle se confiner au paradis? Rappelons-nous ce qu'écrivit sainte Thérèse de l'Enfant Jésus: "Quand je serai morte, je descendrai, je ne resterai pas au paradis parce que je veux demeurer avec les hommes". Si ceci est possible pour une sainte, combien plus est-ce vrai pour la Vierge: son paradis, c'est nous. le vrai paradis d'une mère n'est-il pas la vie de ses enfants?
Toute la grandeur de Dieu est dans son humilité. Précisément parce qu'Il est infiniment grand, Elle est la plus humble des créatures. Nous ne la voyons pas, pure transparence divine. Par Elle, nous ne pouvons voir et connaître que Dieu. Dieu vit en Elle. Dieu a fait grande la Vierge en l'unissant à lui, en l'associant à Lui dans le mystère de sa Grâce et de son amour. Que faut-il en déduire? Que la question du début est un peu retournée: ce n'est pas la Vierge qui apparaît, ce sont nos yeux qui voient. Et c'est pour cela que, dans l'Evangile, le dernier miracle de Jésus avant de monter à Jérusalem pour y être crucifié fut réponse à la prière d'un aveugle qui cria: "Seigneur, fais que je voie!" (Mt.10,51).
C'est cela que nous avons aussi à demander à Marie, et ce sera la conversion de notre regard qui nous La rendra visible. L'apparition de la sainte Vierge est le cadeau qu'elle nous fait d'un regard neuf par lequel se manifestera à nous ce qui, habituellement ne nous apparaît pas. Ce n'est pas en raison de la nature des choses, mais parce que notre regard n'est pas capable de percevoir cette lumière. Même la mort ne produira rien pour nous. Il s'agira alors de l'ouverture de nos yeux pour pouvoir contempler une réalité dans laquelle nous nous trouvons déjà depuis notre baptême et dans laquelle nous demeurerons pour toute l'éternité. La réponse à la question peut donc se résumér ainsi: ce ne sont pas nos yeux qui La voient, c'est Elle qui a besoin d'entrer en communion avec nous, etce ne peut être autre chose.
Un psaume dit que Dieu nous aime comme un époux aime son épouse. Si cela est vrai à l'égard du Crist, cela l'est d'autant plus à l'égard de sa mère. Nous sommes la vie de la femme, Elle ne peut pas vivre sans nous. Nous sommes sa joie, sa richesse; nous sommes sa sainteté car tout ce qu'elle a en tant que mère, elle ne peut le tenir pour elle-même. Ce ne serait même pas chrétien!
Ce que j'ai explicité jusqu'ici traite de l'homme quels que soient sa situation et le moment de sa vie. Il nous faut penser que si les apparitions se produisent à un moment et en un lieu précis, nous devons approfondir la réponse à note question. La première chose qui s'impose pour comprendre les signes de Dieu est l'humilité de celle qui ne prétend pas connaître les secrets de Dieu. Quelques fois, nous pouvons comprendre pourquoi la Vierge apparaît en tel lieu et dans telles situations, mais seulement quand tout est terminé. Prenons l'exemple des apparitions de Fatima. Lorsque la Vierge apparut aux petits bergers, c'était en 1917, à la veille du communisme qui allait bouleverser toute l'Europe. Nous ne savions pas et n'avons pas prévu tout cela. On s'est aperçu de nombreuses années plus tard que les apparitions de Fatima avaient un rapport avec la Russie et avec le triomphe de son Coeur Immaculé après la chute du communisme.
Ceci nous indique que lorsque nous demandons quelque chose à Dieu, nous devons aussi avoir l'humilité de ne pas prétendre comprendre en profondeur les desseins divins. Nous savons une chose, et nous le savons vraiment: que Dieu nous aime, qu'Il nous aime infiniment.
Nous ne pouvons pas douter, nous ne devons pas être angoissés parce que Dieu est amour et tout ce qu'il fait, tout ce qui dépend de lui ne peut être qu'amour. En cela réside l'amour filial: les enfants n'osent pas interroger leur Père parce qu'ils respectent sa volonté et respectent aussi le fait que Lui seul connaisse le pourquoi des choses. Il est donc demandé aux hommes, concernant les raisons des apparions de Marie, de garder cette humilité qui ne comprend pas encore ce qui arrivera demain à travers l'action secrète de la Grâce. Nous ne savons pas mais nous savons que lorsque l'action de la Grâce nous aura ouvert les yeux pour pouvoir contempler le dessein divin, alors nous verrons le pourquoi de ce qui est arrivé, même ces dernières années.
Il est une chose tout à fait nouvelle pour certaines personnes, une chose inimaginable il y a cinquante ans de cela, que la Vierge apparaisse depuis 20 ans, chaque jour. Et pas seulement cela. Il y a aussi la manière avec laquelle Elle apparaît. Jusqu'à présent, il s'agissait toujours de personnes assez âgées ou de jeunes enfants. Dès lors, on établissait le lien avec la sainteté, des âmes déjà pures et pleines d'innocence. Dans notre cas, au contraire, ils sont nos frères et soeurs en rien différents de nous. En un premier temps, je suis moi-même resté interloqué: comment cela se fait-il que la Vierge ne demande à aucun voyant de renoncer au mariage afin de vivre dans la virginité? N'a-t-on pas toujours pensé que le rapport nuptial avec le Christ exigeait ce don entier de l'homme à l'amour de Dieu? J'étais perplexe, mais ensuite j'ai compris. Mais il faut comprendre en cherchant d'être fort humble dans la volonté de juger Dieu.
J'ai compris que c'était cela la beauté des dernières apparitions: la Vierge qui descend dans l'abîme de notre pauvreté, notre réalité humaine, celui des créatures qui tendent vers Dieu sans présumer de rien, certaines de pourvoir tout recevoir, de ne pas avoir le droit de demander quoi que ce soit et pour cela, elles vivent un abandon serein et plein de confiance dans les mains de Dieu.
Comment devrions nous vivre ce don à la Vierge? Toujours et partout; Il ne s'agit pas de dire trop de prières: bien souvent, les formules nous bloquent parce qu'elles deviennent une répétition privée de signification. Nous devons vivre comme nous le faisons dans l'expérience des rapports avec les êtres qui nous sont les plus chers. Une mère n'a certes pas besoin d'une leçon pour s'adresser à ses enfants. De même, les fils n'en ont-ils pas besoin pour s'adresser à leur mère. Le coeur s'ouvre tout simplement et l'âme accueille le message de Dieu.
Moi je ne sais pas pourquoi Dieu accomplit ce qu'il accomplit, mais il m'est simplement demandé de croire vraiment à l'amour. Dieu est amour et il est un amour qui s'unit à nous par le coeur d'une mère. Il faut que la vie de tous devienne un hymne de joie, parce que c'est cela que Dieu veut.
Rappelons-nous: la Vierge est avec nous toujours. La mort ne peut pas nous faire peur car c'est Elle qui nous accompagnera au-delà du rideau et alors tout sera magnifique, mais cela l'est déjà maintenant car en ces jours qui nous séparent du dernier moment, ultime de notre mort, nous ne pouvons faire autre chose qu'aspirer et attendre la douceur d'une dernière apparition grâce à laquelle nous vivrons pour toujours dans la joie du Ciel.
p. Divo Barsotti

 

Nouvelles de la terre bénie

"Je vois la Vierge
mais je ne suis pas sainte!"

"Bien des fois, on me demande: "Vous êtes Marija de Medjugorje?" Et tout de suite me viennent à l'esprit les paroles de l'Ecriture : "De qui es-tu ? de Paul; d'Apollo, de Céphas?" (1Cor. 1.12). Et nous nous demandons, nous aussi: de qui sommes-nous? Nous ne disons pas "de Medjugorje"; je répondrais: moi "de Jésus-Christ".
C'est sur ces quelques mots que la voyante Marija Pavlovic a introduit son intervention au Palazetto du Sport de Florence qui, le 18 mai réunissait quelque 8000 personnes, pour fêter les 20 ans des apparitions de Medjugorje. De manière simple et familière Marija s'est adressée aux participants, leur partageant son expérience de voyante et ses sentiments de chrétienne, engagée comme nous tous, à parcourir le chemin de la sainteté.
"Ce n'est pas moi qui ai voulu que la Vierge m'apparaisse, maisq elle m'est apparue", poursuit Marija. "Je lui ai demandé une fois: pourquoi moi ? Et encore aujourd'hui, je me souviens de son sourire: "Dieu me l'a permis et je t'ai choisie" m'a dit la Gospa. Mais c'est trop souvent, pour cette raison, que les gens nous mettent sur un piédestal: ils veulent nous faire saints... C'est vrai, j'ai choisi le chemin de la sainteté mais je ne suis pas encore sainte!" La tentation de canoniser avant le temps, les personnes qui vivent des expériences surnaturelles est très courante, mais elle révèle, hélas, une connaissance insuffisante du monde de Dieu et un fétichisme camouflé. En s'attachant à la personne choisie comme instrument de Dieu, on cherche en somme, à s'emparer de Dieu qui se manifeste à elle de façon sensible. "C'est un problème, réinsiste Marija de se voir prendre pour un saint et de savoir qu'on ne l'est pas". "Sur ce chemin j'avance péniblement comme tant d'autres. Ce n'est pas toujours évident d'aimer, de jeûner, de prier. Ce n'est pas uniquement parce que Marie m'apparaît que je suis heureuse! Je vis concrétement ma vie dans le monde, comme femme, comme épouse, comme mère... Il y en a qui nous prennent pour des mages: il faudrait leur annoncer l'avenir! "
C'est une exhortation bien claire qui nous vient ainsi d'une voyante rencontrant chaque jour depuis 20 ans la Mère de Dieu; c'est l'invitation à ne pas être regardé comme un idéal, comme une divinité. Les voyants ne sont effectivement que le miroir d'une réalité surnaturelle: ils la voient et la reflètent pour que la communauté des fidèles puisse en saisir l'image de quelque manière et en être enrichie. "La Vierge nous a montré diverses réalités surnaturelles, y compris cet état dans lequel nous nous trouverons après notre mort. A la fin,elle nous a dit: "Vous avez vu ; et maintenant témoignez! "Je crois que notre mission principale est de rendre compte de ce que nous voyons, mais aussi de vivre tout d'abord nous-mêmes les enseignements de Marie qui est non seulement mère, mais aussi maîtresse, soeur, amie. Par notre vie, faire en sorte que les autres aussi s'éprennent d'elle.
Si nous nous sommes rendus disponibles à toutes les sortes d'enquêtes et examens médicaux, c'était seulement pour attirer les non croyants à la foi et pour que les fidèles puissent avoir davantage la foi. Maintenant l'important c'est de persévérer pour que cet arbre planté par la Reine de la Paix grandisse toujours plus. En fait juqu'ici, à partir d'une petite semence il est devenu, en vingt ans, un grand arbre dont le feuillage étend son ombre jusqu'aux confins du monde. Chaque jour on assiste à la naissance d'un nouveau groupe de prière s'inspirant de Medjugorje, jusqu'en Chine où la foi chrétienne subit une violente persécution".
Tel a donc été ce discours riche d'idées, mais qui surtout soulignait l'importance d'un authentique chemin spirituel, enraciné dans la foi, l'espérance et la charité, pour tous ceux que le Sgneur a choisis comme instruments et qui vivent des expériences mystiques de diverses natures. "La Vierge a dit un jour : "Dans cette mosaïque, toute personne est importante..." Que chacun découvre dans la prière sa mission et sache se dire : "Je suis iportant aux yeux de Deu". Il sera facile alors de mettre en pratique le commandement de Jésus: "Ce que je vous dis à l'oreille, dites-le au grand jour" (Mt 10, 27).
C'est ainsi que Marija Pavlovic a conclu son intervention, mais elle a mis tout de suite en pratique les exhortations qu'elle avait faites, en restant en prière avec les milliers de participants. Après le chapelet animé par elle , pendant l'adoration de l'eucharistie, l'apparition de la Vierge a mis son sceau sur toutes les interventions provenant aussi des autres participants qui par là même dessinaient le vaste panorama du mouvement lié à Medjugorje. (p. Jozo, Jelena, d. Amorth, p. Divo Barsotti, p. G. Sgreva, A. Bonifacio, p. Barnaba...) Autant de morceaux choisis, originaux par leur couleur, leur forme et leur contenu mais tous importants pour composer cette merveilleuse mosaïque que la Vierge veut offrir au monde.
Stefania Consoli

 

CHRONIQUE DE L'ANNIVERSAIRE A MEDJUGORJE

La préparation pour "l'action de grâce"

On peut vraiment affirmer que les préparatifs du vingtième anniversaire se sont déroulés dans l'esprit de la Sainte Vierge: assiduité et discrétion dans la prière.

L'assiduite

Pour améliorer l'accès au village et l'organisation de l'accueil des pèlerins, la Commune et la Paroisse ont réalisé divers travaux d'extérieur. On a renouvelé l'asphalte de la route qui mène de Tromedje à Medj. ainsi que l'espace qui entoure le sanctuaire (le pavage sous les bancs et clôture de l'espace qui entoure l'autel extérieur).

La discretion

L'anniversaire, cette année, a connu davantage d'éditions. La discrétion a marqué l'énorme travail d'écriture, de traduction, de correction et de publication, mais elle fut récompensée par une meilleure qualité des parutions.

La priere

Ce qui a principalement marqué la préparation de cet anniversaire est la prière de la Neuvaine. La paroisse a déterminé trois temps forts: sur le Podbrdo, à 16 heures, on a prié les mystères joyeux et douloureux du Rosaire; après la Messe, on a prié les mystères glorieux médités. Enfin, à 22 heures, l'Adoration Eucharistique complétait le programme.

La marche de la paix

Le dimanche 24, veille de l'Anniver-saire des apparitions et solennité de saint Jean-Baptiste, a été marqué par la traditionnelle Marche de la Paix. Avec Vicka et Jakov, 12.000 personnes, des paroissiens et des pèlerins ont pris part à la marche. Par les chants et les prières, elles ont accompagné le Très Saint Sacrement dans l'imposant ostensoir, arrivé et offert pour la circonstance.

L'eucharistie de la vigile

Une homélie lourde de signification, par le père M. Sikiric, professeur de théologie à Sarajevo: "Le grand nombre de langues dans lesquelles a été lu l'Evangile furent la meilleure indication de la réponse au signe surnaturel que nous offre Marie depuis 20 ans. Ici, le ciel nous a offert un signal non-rationnel auquel nous pouvons répondre d'une manière un peu folle: par la réponse de la foi et de l'abandon total. N'est-il pas étrange, en effet, de devoir chercher des preuves surnaturelles alors quenotre foi elle-même est un mystère surnaturel !"

Le 25 juin "La grandeur de l'invisible"

Des gens, de tous horizons, se déplacent, bavardent, s'asseyent, prient, s'agenouillent... Medj., aujourd'hui, est pareil à une fourmillière. Il y a du mouvement partout, tout bouge... A tous les moments de la journée, l'église est bondée, elle est vraiment trop petite! La succesion des Saintes Messes, célébrées en 17 langues, provoque des marées humaines autour du sanctuaire.
Les chiffres sont parlants: environ 100.000 pèlerins sont présents. Parmi eux, quelques uns sont arrivés après avoir parcouru, à pieds nus, des kilomètres "brûlants". Il y a aussi une plus importante présence de bures brunes des Frères et des uniformes noirs des religieuses qui se dédient, dans un esprit de service, chacun à sa tâche.
On perçoit une intense présence de la Grâce, et ce, dès le matin. Tout se passe comme si Medjugorje et le monde entier étaient devenus un Podbrdo. En effet, la présence de la Sainte Vierge fait en sorte que l'âme retrouve la paix, descendant vers son centre et "touche" la présence vivante de Dieu. La prière est toute simple et l'on pleure en toute simplicité aussi... On respire avec le coeur, simplement... On fait l'expérience de la présence de la paix. Les intrigues, les tentations et les épreuves, intenses pendant les journées de la neuvaine, sont à présent dissipées. L'âme est comme immergée dans la persuasion de l'existence de Dieu. L'on perçoit les vibrations de la vie divine dans laquelle, tous, nous vivons, nous nous mouvons et nous existons et qui nous réunit tel un grand peuple de Dieu, l'Eglise vivante. Sur le visage des gens se lisent la fatigue et les traces du poids des soucis de la vie. En même temps, cependant, surgit, une force... Une foi vivante irradie les regards en raison des traces laissées par Marie. Pendant 20 ans, avec Marie, il y a eu des tentations et de la ténacité. Mais on le sait: avec la Reine de la Paix, toutes les épreuves ne font que passer et l'on va au-delà.
Le programme de la journée est simple, tournant autour du programme de la prière du soir. L'apparition a lieu à 18h.40, dans la dite "Salle Jaune". Se trouvent là les voyants Marija et Ivan avec leurs familles et quelques prêtres. "La Gospa était très joyeuse" dit Marija. La joie et l'enthousiasme ont aussi rempli le coeur de ceux qui se trouvaient à l'intérieur de l'église. Ceux-ci affirment avoir vu aussi le visage de la Vierge. Tel témoin soutient que, dans l'église, on pouvait appréhender une luminosité surnaturelle très particulière. Ceux qui n'ont rien pu saisir du regard, mais avec un coeur ouvert et bien préparé par la prière, ont pu pressentir un "passage" de Lumière divine qui a mis à jour ce qui, en eux, est marqué par les ténèbres et nécessite une conversion et un changement de vie.
Le célébant qui présidait l'Eucharistie, père Ante Vuckovic, professeur de théologie à Split, a souligné, dans ce sens, que Marie aussi, comme chacun de nous, a fait l'expérience de sa petitesse en face de la grandeur de la lumière de Dieu. Cela nous enseigne que, précisément là où nous faisons l'expérience de notre petitesse et de notre faiblesse, nous sommes le plus proche de Dieu.
La célébration eucharistique a été présidée par l'actuel Provincial des Franciscains, le père Tomislav Pervan. A l'adresse de ses Frères et Soeurs, des fidèles et des pélerins, il a dit: "J'éprouve intérieurement le besoin d'exprimer un grand MERCI Seigneur! Je me trouvais ici dès les premiers jours. Des débuts angoissants lorsque, il y a 20 ans, la Vierge s'est présentée comme la Reine de la Paix. Il s'ensuivit des années de lutte, mais, en fin de compte, c'est la vérité qui a triomphé. L'Esprit se laisse reconnaître par l'esprit. Cet esprit de Medjugorje conduit vers l'Eglise.
Et, de cela, vous en êtes tous témoins, vous qui êtes ici en si grand nombre. Vous êtes la réponse de l'Eglise qui croit et qui prie. Tous les autres sanctuaires, reconnus ou non, demeurent à l'intérieur de leurs frontières. La particularité de Medj est d'être présent partout dans le monde par ses divers groupes de prières, ses lieux propres et ses publications... Medj. est comme un grand Internet, une toile qui couvre le monde. Medj. est vraiment un phénomène. C'est vraiment une Grâce qui prend corps et qui se déverse, avec laquelle le monde se soigne et guérit. C'est ça l'appel de Medjugorje".
En réponse aux nouvelles parvenues du Vatican et concernant les doutes concernant la véracité des apparitions, le Provincial a exprimé de nouveau sa profonde conviction sur l'authenticité de la venue et de l'appel de Marie. Il a encouragé toutes les personnes présentes à poursuivre le cheminement de foi dans la vérité. Pour finir, il a remercié de manière particulière la communauté paroissiale et la province franciscaine qui ont accueilli et sont engagés à servir la Reine de la Paix.
A 22.00, grand nombre de pèlerins ont assisté, sur le Podbrdo, à l'appariton extraordinaire. La colline était archicomble de gens. Tous étaient unis dans la prière, les chants et l'écoute. Au terme de cette journée spéciale, il est possible de tirer quelques conclusions. Medjugorje est vraiment une petite paroisse de campagne qui est devenue une paroisse mondiale. Ce sont précisément les erreurs commises ainsi que les imperfections qui ont fait en sorte que l'ensemble n'apparaisse pas comme quelque chose d'humain, de bien structuré et de sûr... Une démonstration éloquente a été faite qu'il se passe ici quelque chose de différent, quelque chose qui agit, malgré les capacités et les oeuvres humaines. Ainsi se réalisent les antiques paroles de saint Paul:
"Dieu a choisi, dans le monde, ce qui est fou, pour convaincre les sages. Dieu a choisi, dans le monde, ce qui est faible pour confondre les forts. Dieu a chosi, dans le monde, ce qui est ignoble, méprisé et reconnu comme nul pour réduire à néant les choses qui sont, afin que personne ne puisse se glorifier devant Dieu." (1Cor, 1, 27-29). Entre les lignes des événements visibles, on a pu lire que le guide principal de cette journée était précisément Elle, le Reine de la Paix. C'est là que se situe la force insaisissable et illimitée de Medj., une force de grâce qui dépasse nos "vases d'argile". Medj. met en pièces la logique du monde selon laquelle il n'y a que le visible qui puisse être reconnu comme grand. A Medj., on découvre la logique de la Vierge selon laquelle est grand Celui qui est le plus Grand, le plus intensément présent, le plus compréhensible- invisible au monde, mais visible aux yeux de la foi, de l'espérance et de l'amour. Et Elle nous appelle là.
(D'après notre corresp. à Medj. Paula Jurcic)

* Cette fois encore, Ivanka Ivankovic n'a pas manqué son rendez-vous annuel avec la Vierge. Entourée de sa famille en prière, Ivanka a rencontré Marie (Qui lui apparaît une fois l'an, précisément au jour de l'Anniversaire). La voyante a dit que la Vierge était très contente et que, après lui avoir parlé de l'avenir de l'Eglise, elle lui a donné un message pour nous tous: "Chers anges! Merci pour vos prières car, grâce à elles, s'accomplit mon plan. C'est pourquoi, mes anges, priez, priez, priez afin que mon projet se réalise. Accueillez la bénédiction maternelle."

 

Restons unis dans
la bénédiction maternelle
de la Reine de la Paix
pour porter au monde
des fruits abondants
de paix e réconciliation.

Don Alberto