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www.medjugorje.ws » Echo de Marie Reine de la Paix » Echo de Marie Reine de la Paix 160 (Novembre-Décembre 2001)

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Eco di Maria
Regina della Pace

Français 160

11-12


Message de la B.V.Marie le 25.09.2001

Chers enfants, aujourd'hui encore Je vous appelle à la prière, particulièrement aujourd'hui où satan veut la guerre et la haine. Je vous appelle à nouveau, petits enfants, priez et jeûnez afin que Dieu vous donne la paix! Témoignez de la paix à chaque coeur et soyez porteurs de paix dans ce monde sans paix. Je suis avec vous et J'intercède devant Dieu pour chacun de vous. Et vous, n'ayez pas peur, car celui qui prie n'a pas peur du mal et n'a pas de haine dans son coeur. Merci d'avoir répondu à Mon appel.

Portez la paix au monde!

Aujourd'hui, alors que satan veut la guerre et la haine, Marie nous appelle encore une fois à la prière et au jeûne. Voici les armes que la Reine de la Paix continue à suggérer pour sauver le monde de l'autodestruction. Ces armes ne sont pas tapageuses mais d'une grande efficacité car elles puisent leur puissance directement en Dieu. Ce sont les armes des petits et des humbles, si agréables à Dieu et tellement proches de Lui car ils ont le visage du Fils. Ces petits et ces humbles - et le Pape est le premier d'entre eux - peuvent obtenir la paix au monde, cette paix que le monde ne sait pas se donner, mais qui est don du Christ. Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble ni ne s'effraie (J.14,27). Priez et jeûnez afin que Dieu vous donne la paix! C'est un impératif qui implore: c'est l'appel angoissé de la Mère à ses enfants pour qu'ils se réfugient sous 'les ailes de Dieu' (Ps.56) en cette 'nuit ténébreuse, dans laquelle on perçoit alentour les fauves voraces (S.Père, audience générale du 19 septembre 2001).
Il faut jeûner, c-à-d. renoncer au superflu, se nourrir de l'essentiel. Mais le superflu ne concerne pas seulement la suralimentation (souvent cause de maladies et de mort dans nos 'riches' pays occidentaux). Est superflu tout ce qui n'est pas nécessaire à la vie et, pour nous croyants, la 'vie' c'est 'la vie en Dieu'. L'homme est une créature de Dieu et seulement Celui-ci est essentiel pour lui. Durant 50 ans Marthe Robin - dont le procès de béatification est en cours - n'a ni mangé ni bu; elle ne s'est nourrie que de l'Eucharistie! Le jeûne n'est pas seulement abstinence de nourriture, mais il est sobriété de vie, un usage des biens de la terre conforme à la volonté de Dieu. Aujourd'hui, le jeûne est également un usage avisé des moyens d'information: savoir éteindre le téléviseur pour ne pas subir les modèles de consommation décidés par le pouvoir économique, ne pas se laisser piéger par les modèles qu'il propose, ni s'aligner à cette 'logique du monde' si souvent en contradiction avec la logique de Dieu. C'est trouver un espace de silence en nous et autour de nous pour pouvoir ressentir Sa Présence. Il parle à l'âme qui, dans la prière, entre en communion avec Lui. Il parle et donne sagesse pour comprendre les événements du monde, courage pour ne pas se laisser entraîner, force pour les dominer. La parole du Christ est la seule qui puisse donner une réponse aux interrogations qui s'agitent dans notre âme. Même si les forces des ténèbres semblent prévaloir, le croyant sait que le mal et la mort n'ont pas le dernier mot. Ici s'appuie l'espérance chrétienne, ici s'alimente - en ce moment - notre confiance priante (S.Père, audience générale du 12 septembre 2001).
Courage donc! Nous sommes appelés à une espérance qui est pour nous certitude. Christ a déjà sauvé le monde: les forces du mal ne prévaudront pas! Unis au S.Père, forts de la protection de Marie, allons de l'avant dans notre chemin, avec une confiance renouvelée. La prière et le jeûne sont nos armes, des armes qui ne divisent pas mais unissent, qui ne blessent pas mais guérissent, qui ne sèment pas la haine et la mort mais la paix et la vie. Portons la paix dans nos coeurs, dans nos familles, dans le coeur des personnes que nous rencontrons. Dieu fera la reste! Nuccio Quatrocchi

 

25.10.2001

Chers Enfants, Aujourd'hui encore, je vous invite à prier de tout votre coeur et à vous aimer les uns les autres. Petits enfants, vous êtes choisis comme témoins de paix et de joie. Cette paix, si vous ne l'avez pas, priez et vous la recevrez. A travers vous et votre prière, mes petits, la paix se répandra dans le monde: c'est pourquoi, mes petits, priez, priez,priez car la prière fait des miracles dans le coeur des hommes et dans le monde. Je suis avec vous et je rends grâce à Dieu pour chacun de vous qui, avec sérieux, avez accueilli et vivez la prière. Merci d'avoir répondu à mon appel.

Témoigner avec sérieux

Pendant la dernière Cène, après le départ de Judas, Jésus dit:"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas comme le monde la donne que je vous la donne"(Jn 14,27). En effet le monde ne sait pas se donner la vraie paix. Tout au plus, la paix que le monde peut se donner, et c'est déjà bien, ce n'est qu'une convivialité pacifique. La paix que le Christ annonce à l'avance, en quittant les siens et qu'il apporte comme don de sa résurrection (Jn 20,19-26) n'est pas une absence de guerre; elle ne se fonde sur aucune forme de pouvoir. Elle est fruit de communion profonde entre Fils et Père, fruit d'Amour crucifié, à la fois anéantissement et gloire (Ph. 2,6-11), mort et Vie. Ce n'est que de Dieu que nous pouvons recevoir la vraie paix et par le seul Christ que nous pouvons l'obtenir, parce qu'Il est , lui, notre paix (Ep. 2. 14)

Dès les premières apparitions à Medjugorje,Marie nous enseigne la voie de la paix. Elle qui se présente comme Reine de la Paix (message du 25-07-88), elle nous invite avec une patience infinie à retrouver notre rôle de fils dans l'abandon à Dieu, dans la prière, dans le jeûne. Jésus-Christ est notre paix et Marie nous mène à Lui, exerce Sa maternité en nous enfantant dans le Christ et en enfantant le Christ en nous. Aujourd'hui encore, je vous invite à prier de tout coeur et à vous aimer les uns les autres. Entrer dans la prière c'est entrer en communion avec Dieu; la prière est authentique si elle porte à la communion avec Dieu et donc si elle est immersion dans l'Amour, car Dieu est Amour (1 Jn 4,8). Ainsi l'amour humain transcende toutes ses propores limites pour assumer la puissance et la force rédemptrices de l'Amour divin: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" (Jn 15,12)

Petits enfants, vous êtes choisis pour témoigner paix et joie. Il faut avoir le courage de croire en ces paroles sans regarder notre indignité, ni l'impuissance humaine, mais en fixant notre regard sur Celui qu'on a transpercé. Il faut se laisser aimer, s'abandonner à Lui. Il faut faire cela, non une fois pour toutes, mais heure après heure, dans les petites ou grandes épreuves de la journée, quelles que soient les circonstances joyeuses ou tristes de notre existence. Et quand, sur le chemin de notre Calvaire, nous ne nous mettrons pas à pleurer sur nous, mais nous saurons encore être témoins de paix et de joie , alors, à travers nous la paix commencera à traverser le monde. Témoigner paix et joie et montrer le Christ vivant en nous. Si La paix n'est pas encore là -- aujourd'hui,non, elle n'y est pas -- priez et vous la recevrez. La prière opère des miracles dans le coeur des hommes et dans le monde. La prière apporte la paix, la vraie, dans notre coeur et dans le monde entier. Marie nous rappelle une vérité élémentaire, mais fondamentale, de notre foi. Accueillons avec grand sérieux Son invitation et notre histoire personnelle changera; et changera aussi celle du monde entier.

N.Q.

 

Jean-Paul II en Asie Centrale

Entre le 22 et le 27 septembre, Jean-Paul II a accompli son 95ème voyage pastoral en visitant les ex-républiques soviétiques du Kazakhstan et de l'Arménie où il a été accueilli avec l'enthousiasme habituel, soit par la population, soit par les autorités civiles et religieuses. Au Kazakhstan, les catholiques sont une petite minorité (moins de 2%), face à une majorité musulmane (50 %)et orthodoxe (30 %). Pendant la messe, célébrée dans la capitale, Astana, on pouvait voir des catholiques, des protestants et des orthodoxes, mais aussi un grand nombre de musulmans. Le Pape a parlé surtout de paix, de liberté religieuse et de respect des droits de l'homme. Les paroles du Pontife visaient non seulement la situation au Kazakhstan, mais aussi la crise internationale: le Pape a condamné toute violence, surtout quand celle-ci cherche des justifications dans la religion: la haine, le fanatisme et le terrorisme profanent le nom de Dieu et défigurent l'image authentique de l'homme. Redisant que l'Eglise catholique, respecte l'authentique Islam, il a de nouveau invité les chrétiens et les musulmans à travailler pour la civilisation de l'Amour.

Aujourd'hui le Kazakhstan, comme les autres pays, libérés de la dictature communiste qui inculquait l'athéisme et le mépris des valeurs religieuses, se trouve exposé au danger du matérialisme: "Le long hiver de la domination communiste, avec sa prétention d'éradiquer Dieu du coeur de l'homme, a bien souvent étouffé les contenus spirituels des cultures de ces peuples. On note par conséquent une pauvreté des idéaux qui rend les peuples très vulnérables face aux mythes de la consommation et de l'hédonisme importés de l'Occident." Ces paroles du pape ont trouvé un écho dans la rencontre avec les jeunes universitaires. Un étudiant kazako le rappelle: "Après la fin du communisme, nous avons rêvé que le bonheur pouvait venir de la poursuite des biens matériels. Maintenant beaucoup de mes contemporains sont à la recherche des valeurs authentiques ." Le pape a ensuite conclu, redisant qu' aucune réalité terrestre ne pourra pleinement vous satisfaire. Ouvrez-vous à Celui qui vous a créés par amour et veut faire de vous des personnes dignes, libres et belles.

La seconde étape du voyage au Caucase était l'Arménie qui se glorifie du titre de Premier royaume chrétien de l'Histoire: la conversion au christianisme du royaume d'Arménie a eu lieu en 301, et cette année l'Eglise arménienne fête donc 1700 ans de christianisme. L'Eglise apostolique arménienne dirigée par le Catholicos (patriarche) fait partie des Eglises orthodoxes-orientales (ou anciennes Eglises orientales), qui, au 5ème siècle n'ont pas accepté les conclusions du Concile de Chalcédoine (451) définissant deux natures en Jésus-Christ (divine et humaine) et une seule personne. Depuis des siècles, l'Eglise arménienne n'est donc en pleine communion ni avec l'Eglise catholique, ni avec les autres Eglises-soeurs orthodoxes. C'est pour cela que le Pape et le catholicos Karekin II n'ont pas concélébré ensemble l'eucharistie. Cependant aujourd'hui on tend à reconnaître que les controverses théologiques du 5ème siècle n'expriment pas une christologie différente (c'est-à-dire une façon différente de comprendre le Christ), mais seulement un langage différent pour affirmer la même foi.

Dans le passé, l'Eglise arménienne a dû subir de très dures persécutions: en 1915, les Turcs ont exterminé plus d'un million et demi d'Arméniens, au milieu de l'indifférence des puissances européennes engagées dans la Première guerre mondiale. Ce massacre, sur lequel s'est abattu pendant des décades une chape de silence, constitue , avec la Shoah hébraïque et l'extermination des Peaux-Rouges d'Amérique du Nord, le plus grand génocide de l'Histoire. Pendant que les prélats discutaient de questions théologiques, le peuple arménien, entouré de Musulmans, considérait que la foi chrétienne, signe distinctif pour sa propre identité, devait être conservée, même au prix du martyre. Aujourd'hui les questions théologiques sont passablement dépassées et la visite du pape a un grand relief oecuménique: dans tout ce voyage, Jean-Paul II est resté avec le catholicos, a été reçu dans sa maison ; ils ont eu des contacts en public et en privé, ont fait ensemble des discours et donné ensemble la bénédiction au peuple.
Aujourd'hui il y a des défis communs pour tous les chrétiens qui recherchent l'engagement, la collaboration, le pardon et le respect réciproques. Il y a l'ignorance sur les contenus de la foi; il y a la pénétration des sectes qui ont un terrible impact sur les gens; il y a un système de références morales détruit par l'athéisme; il y a l'envahissement de l'injustice sociale et de la corruption; il y a la misère d'une multitude
. Aujourd'hui, en Arménie, comme au Kazakhstan ou en Afrique, ou en Europe ou en Amérique, les chrétiens doivent donc témoigner de fraternité et d'union pastorale pour que le monde croie. Aujourd'hui et demain.

Mirco Trabuio

 

Un pèlerinage apostolique-géostratégique

Le Kazakhstan, carrefour Europe-Asie:

du Père Daniel-Ange

Dans son homélie du 15 août 2001 à Castel-Gandolfo, Jean Paul II, en pensant au pèlerinage apostolique au Kasakhstan et en Arménie, dit: Je te confie, Marie, l'issue de cette nouvelle étape de mon sevice de l'Église et du monde…Un pèlerinage historique, comme celui d'Ukraine par exemple, puisque deux pays de l'ancienne URSS, deux terres arrosées du sang de martyrs sans nombre. Le voyage du Kazakhstan est particulièrement géostratégique. Ce pays - 5 fois la France et 70 fois la Belgique - fait la passerelle entre l'Europe-Est (liberée du communisme idéologique) et la Chine (encore sous oppression marxiste). Le Saint Père y est attendu avec ferveur. Daniel-Ange a eu la grâce d'aller y préparer les jeunes à cette rencontre qui s'annonce décisive pour l'Asie, le continent du troisième millénaire de l'Église: "Après avoir eu l'immense joie de participer au XIIième festival des jeunes à Medj. - raconte le religieux français - j'ai reçu aussi le don de partir au "petit Medjugorje" du Kazakhstan pour prèparer les jeunes catholiques là-bas à la visite du Saint Père.

Dans un océan de blé, un atoll!

La steppe à l'infinie, parfumée par l'absinthe lorsque foulée au pied. Horizon à perte de vue. Parfois au loin un léger moutonnement ou une rare ligne d'arbres. Un atoll en plein océan, petit village de quelque cent feux: Ojiorné, perdu au Kasakhstan-Nord, à 300 kilomètres d'Omsk (Sibérie) et à 400 kilomètres d'Astana, la flamboyante nouvelle capitale. Cet oasis en plein désert est né de rien en 1936, lors de la première vague des massives déportations staliniennes. J'ai eu la grâce de rencontrer quelques rescapés arrachés à leurs terres et maisons de Galicie (Ukraine occidentale, alors polonaise). Petits vieux et petites vieilles au visage buriné, moins par les étés torrides (+40°) et les hivers polaires (-50°), que par les drames qui ont marqué au fer rouge leur prime jeunesse.

Ils avaient 5-15 ans à leur arrivée. Lors de la première vague, ils pouvaient parfois emmener une vache ou deux, mais, lors de la deuxième (1939-1941), prévenus deux heures avant: seulement valises et cartons. Après une semaine en wagons à bestiaux, sans manger ni boire, un camion vient les disséminer en pleine steppe. Sur des piquets, les numéros des différentes zones. Les voilà largués comme des bouées en plein naufrage, et débrouillez-vous! Avec les nomades kazaks que Staline vient d'arracher à leurs tentes familières, pour les sédentariser de force, ils troquent leurs pauvres choses (un sac à main pour un kilo du sel, une bague pour un kilo de blé). Si l'on débarque au bref printemps, on a encore le temps de semer et de construire une baraque avant l'arrivée de l'hiver. Si c'est en octobre, il ne reste qu'à creuser sous terre un trou recouvert de branchages, et la glace formera le toit. On s'y blottira pendant six mois dans l'attente du dégel, lorsque la steppe se pare mille fleurs. Lors des tempêtes de neige, beaucoup se perdront dans ce désert blanc…

En 1941, ce seront les Allemands de la Volga qui seront jetés plus loin, sur la plaine sans fin. Suspects de nazisme (alors que leur déportation en est une conséquence), ils seront mal accueillis par les déportés déjà sur place. Sous l'oeil vigilant de Moscou, ces villages étaient pratiquement des prisons: interdit d'aller voir sa famille dans un autre village. Parfois on va jusqu'à la lisière du kolkhoze et on aperçoit de loin des cousins…inaccessibles! En 1941, un étonnant miracle qu'ils évoquent les larmes aux yeux. Sévit une terrible famine…On meurt les uns après les autres. Tout le village supplie alors la Reine du ciel d'intervenir. Et voici: au matin du 25 mars, dégel subit, du jamais vu si tôt! Et apparaît, formé sous la neige, un lac de sept kilomètres de long et de 70 mètres de fond, plein de gros poissons. Deux coups de filet suffisent à remplir une carrette, à tel point que des avions viendront de Karaganda (distant de 650 kilomètres) pour nourrir la grande ville. Au fil des ans, le lac diminuera au rythme de l'amélioration des conditions de vie. Il n'en subsiste qu'un vaste étang. Je rencontre un des membres de la délégation qui se risquera, dans les années 80, à monter à Moscou pour solliciter l'autorisation de construire une église. Refus. Mais en 1990 finalement un prêtre dévoué arrive de Pologne comme pêcheur d'âmes - un miracle encore plus grand que celui des poissons! Thomas Peta, depuis deux ans jeune évêque de la capitale, celui-là même qui a la joie de recevoir son cher Saint Père.
Quand on y arrive sans passer par le village, après des heures à travers la steppe, on en est saisi…Cet humble signe est tellement à l'image de cette Église catholique de Kazakhstan: toute jeune, toute pauvre, toute simple, toute bénie. Puis les autorités locales ayant enfin cédé aux pressions des habitants, on construit une blanche église avec deux colchers, qu'il dédie à la Reine de la Paix: premier sanctuaire marial au Kazakhstan.

Les semences sous la glace, en plein soleil les fleurs!

Stupeur du Père Thomas quand, plus tard, à Medj., il découvre que ce titre était celui qu'Elle s'y est donné. Voici juste vingt ans ce 6 août que sa petite église était étrangement semblable à celle du sanctuaire marial d'Herzégovine. Du coup, sur une petite butte volcanique, il constuit une réplique de la grande croix du Krizevac, qu'il dédie aux martyrs du Kazakhstan. Il aime appeler Ojiorné le petit Medjugorje du Kazakhstan…
Depuis quatre ans, Mgr Thomas a confié à la communauté des Béatitudes l'organisation et l'animation d'un festival national de jeunes, pour y vivre la fête du 15 août. Invité par eux à les préparer à la venue du Saint Père cette année, j'ai eu l'immense grâce de passer du festival international de Medj. (12'000 jeunes de 25 pays), à ces 300 jeunes kazakhstanais. Numerus clausus, hélas! Mais seulement pour des problèmes de logistique. Vu la chaleur et l'absence totale d'ombre, il faut que tous tiennent dans l'église. Ce chiffre est énorme, vu le nombre de catholiques et les distances."Petit troupeau, n'aie pas peur!"…Cette poignée de jeunes de cette toute petite Église catholique, comme elle a besoin d'être confortée, encouragée, aimeée surtout! "A toi, le Royaume est donné!" Oui, je l'ai vu de mes yeux, ce Royaume se reflétant sur ces visages transfigurés en fin de retraite, suite aus longes heures passées à contempler le Roi en son humilité eucharistique - en ce village, le Saint Sacrement est exposé jour et nuit tout au long de l'année - et aux opérations de chirurgie esthétique (la confession) leur restituant leur beauté divine d'enfants de Dieu.

Trois moments forts: la marche de 14 kilomètres en priant, chantant, se confessant jusqu'à la grande croix. En entrevoyant leurs têtes dépasser à travers les épis des champs de blé à perte de vue, prêts pour la moisson, je pensais: ce sont eux, la moisson des martyrs! Ils ne pousseraient pas si les semences - parents et grands-parents - n'avaient pas tenu sous l'épaisse couche de glace d'un interminable hiver: celui de la persécution qui a transformé tout ce bloc-Est en immense glacis polaire. En effet, la plupart de ces jeunes sont les petits-enfants des déportés. A titre de vigile, dans la nuit du 15 août, une autre marche, cette fois vers la stèle du miracle des poissons. Là, consécration de chacun à Marie, devant un grand feu de camp, chacun passant sous un portique de verdure, symbole de Marie Porte du ciel pour nous, parce que d'abord Porte de la terre pour Dieu. Autour d'eux leurs "grands-mères" - toutes deportées! Les semences qui aujourd'hui portent de tels épis, ce ne sont pas seulement les martyrs, mais ces humbles rescapés transmettant leur foi à leurs enfants, pendant ces terribles années sans prêtre, sans sacrement, sans église. Mon regard ne se lassait pas de passer des visages si purs des 15-25 ans, à ceux non pas flétris mais vieillis avant l'âge: tous "faces d'icônes"! Deux mondes apparemment étrangers l'un à l'autre, mais en fait générations vitalement interconnectées. Pas un de ces jeunes ne serait ici sans les longues patiences, la ténacité, le courage de ceux-celles qui n'ont pas renié, pas trahi, pas cédé. Qui ont secrètement résisté pour transmettre à la génération suivante le secret de leur vie. Leurs grands-parents entendaient à longueur d'année deux langages contradictiores: à l'école, les agressions contre la foi, à la maison, un paisible bain de foi. Relativement peu se sont laissés contaminer par l'idéologie dont on leur matraquait les slogans à longueur de jour.
Parmi nous, le Père Marcin Babraj, dominicain polonais, déporté ici en 1939, à l'age de 6 ans: En voyant au loin la petite butte volcanique il pensait que la pays de la liberté commençait de l'autre côté. Il rêvait d'y aller pour entrevoir ce pays de là-haut, mais il était strictement interdit de sortir du village… Revenu des années plus tard, il voit la grande croix des martyrs, signe tangible que la liberté n'est plus tout là-bas, de l'autre côté, mais ici et aujourd'hui même!

 

Messagère de grâce

Slovaque d'origine, elle est la seconde fille d'une famille où il faut travailler dur pour élever les cinq enfants. Mais les parents sont soutenus par une foi forte qu'ils communiquent aux enfants, malgré le communisme aux principes athées et hostiles à Dieu.

Terezia Gaziova grandit dans ce contexte et étudie pour devenir sage-femme, travail qu'elle aime beaucoup parce que Terezia aime la vie, mais qu'elle abandonne aussi bien vite pour le même motif: elle n'est pas décidée à collaborer pour faire des avortements. Pendant des années, elle se consacre aux malades en dialyse et, auprès d'eux, elle a la possibilité de réfléchir sur le sens et la fugacité de l'existence. Cette réflexion peu à peu bouleverse les projets de Terezia qui, avec insistance, demande à Dieu, pendant 7 ans de suite quelle est la place qu'il a prévue pour elle. Finalement un jour elle a la réponse. Pas de doute, elle doit aller à Medjugorje et là, s'occuper des pèlerin de l'Est, de ces âmes qui trop longtemps sont restées à jeun de foi, à cause de l'idéologie communiste. Elle peut les aider; donc elle accepte. 32 ans, douce, humble, sereine en toute circonstance, Terezia attire tout le monde par le sourire rassurant de quelqu'un qui désormais a trouvé sa vraie place. Depuis 4 ans, elle vit à Medjugorje et elle s'est mise au service des pèlerins de l'ex-URSS pour leur donner la possibilité de rencontrer la Reine de la Paix (elle parle russe couramment et d'autres langues slaves). "Ils n'ont ni argent, ni les autres moyens pour venir à Medjugorje" dit Terezia, mais je prie, je demande tout à Dieu et la Providence m'envoie l'argent pour leur voyage, ainsi que le vivre et le couvert pendant leur séjour. C'est une vraie joie de voir leurs visages si ouverts à la grâce et heureux d'être là.
Mais tous ne peuvent venir vers la lointaine Herzégovine, c'est donc Terezia qui leur apporte la grâce de Medjugorje dans ses voyages d'hiver. Rencontres simples, "coeur à coeur" où la jeune fille raconte son expérience, transmet les messages de la Vierge, parle de Dieu à tant de ces gens qui n'ont jamais entendu parler de Lui, pendant leur vie. Sa joie est convaincante et se reflète sur le visage de qui l'écoute. "Je sens que Marie m'accompagne--ajoute Terezia-- c'est Elle qui me guide et, quand je parle, je la sens près de moi"..
L'automne dernier, elle a visité le Kazakhstan et pendant 5 semaines a été l'hôte du Père Thomas (cf. article Daniel-Ange), évêque du diocèse qui abrite "le Petit Medjugorje" "Je suis restée très frappée par ce petit bled, si loin de tous et si proche du coeur de Dieu. Je me sentais chez moi; l'église comme celle de Medjugorje, la colline de la croix, le programme des soirées, l'adoration perpétuelle...
Tout parle d'Elle, dans ce village, tout est dédié à la Reine de la Paix. Peu à peu le sanctuaire devient célèbre même dans les autres pays de l'ex-Union Soviétique, et beaucoup viennent ici en pèlerinage, recevoir les grâces envoyées par Dieu. Le ciel est ouvert sur le "Petit Medjugorje", mais les coeurs aussi sont ouverts. Cependant les gens d'ici sont très pauvres et ils ont besoin de notre aide", conclut Terezia. Ils ont besoin de livres pour leur formation et pas seulement de la traduction des messages. Tant de personnes sont en recherche. C'est très important d'être présents maintenant parce que, même les sectes sont très actives et elles abusent du vide spirituel pour arriver à leurs fins.
Terezia s'est faite "messagère de grâce", mais elle compte sur notre aide, notre contribution. Un coup de main pour elle!

 

La sainteté comme bonté

Le mois de novembre nous suggère une réflexion sur la sainteté chrétienne qui va bien au-delà des modèles traditionnels éprouvés. Le chemin de l'homme, et spécialement de l'homme chrétien, a comme ultime destination la rencontre avec Dieu. A la différence des autres, le saint en est conscient: oui, peut-être davantage qu'une personne 'normalement responsable', le saint est un être conscient de cette rencontre qui l'attend. Et lui, à son tour, l'attend.
Les hagiographies (écrits sur la vie des saints) du passé invitaient à l'imitation des actions du saint, de ses jeûnes, de ses prières, de ses mortifications ascétiques (témoignages certes d'une foi forte) entendus cependant plutôt comme fidélité à une loi que confiance en une Personne. Encore aujourd'hui il est juste de répéter ce qui a été fait avant nous, de vénérer les saints qui nous ont précédés et d'en extraire un enseignement; mais il est important que chacun trouve son propre chemin de sainteté. Il existe une voie par laquelle on suit Dieu avec l'étude et une autre avec la prière, une avec le jeûne et une autre en mangeant, une dans le silence du désert et une autre dans la confusion des routes. Tous les hommes ont accès à Dieu, mais chacun avec une voie différente. Pourtant, ce que tous les saints ont en commun c'est peut-être ce pourquoi l'on dit spontanément d'une personne qu'elle est sainte: c'est la bonté.
La perfection que Jésus invite à imiter, c'est la bonté du Père. La bonté de notre être, notre faculté d'aimer, ne se mesurent pas à l'aune de nos ascèses, à notre réussite à priver nous-mêmes ou les autres des plaisirs de la vie, à nos absences de chutes, mais bien à notre capacité de savoir accueillir les autres, d'être tolérants (même avec nous-mêmes), de communiquer le bien, le positif à celui que nous côtoyons; savoir se relever et aider les frères à se relever. Plus que nous priver de quelque chose, nous devrions savoir donner aux autres. Plus que la pauvreté, la chasteté et l'obéissance, la sainteté consiste à être bons. M.T.

 

 

Comme Marie, le Pape nous invite à réciter le Rosaire

Octobre est le mois où l'on vénère Notre-Dame du Saint Rosaire. Dans l'actuel contexte international, j'invite tous - particuliers, familles, communautés - à réciter le Rosaire, si possible chaque jour, pour la paix, afin que le monde soit préservé de l'inique fléau du terrorisme. C'est l'appel angoissé que lance le Pape en réponse au déferlement de la violence après les attentats en Amérique. Nous sommes à la veille du mois d'octobre, consacré spécialement à Notre-Dame du Rosaire. Mais au cours de ce mois béni, plusieurs fois et dans des contextes différents, il répétera la même invitation. Comment ne pas trouver une parfaite syntonie avec les innombrables rappels que la Madone nous a adressés à Medj. au cours de ces 20 longues années d'apparitions (rappelons qu'elles coïncident exactement avec les 20 ans de pontificat de J.P.II). Encore une fois la Reine de la Paix et son 'fils de prédilection' marchent de concert dans la conduite du peuple de Dieu. En diverses occasions, comme nous l'avons déjà écrit précédemment (v.Echo 159), on cueille en filigrane dans les paroles du Pape les messages de notre Mère; mais surtout nous surprend la simultanéité de leurs discours.
Aujourd'hui aussi, donc, dans un monde ravagé par la guerre, la peur, l'injustice, les abus, la misère... leurs paroles coïncident, comme pour augmenter le volume des voix et se faire entendre de beaucoup, voire de tous. C'est ainsi qu'à l'Angélus du 14 octobre, quand le Saint Père a répété ses exhortations: Dimanche dernier nous avons célébré la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire. Tout le mois d'octobre est particulièrement dédié à cette belle prière, très chère au peuple chrétien. En raison de la situation internationale actuelle, j'ai invité les personnes et les communautés à réciter le Rosaire pour la paix. Aujourd'hui je renouvelle encore cette invitation, soulignant en même temps que le Rosaire est la contemplation du Christ dans Ses mystères, en intime union avec Marie Très Sainte.

Quelqu'un, de manière un peu ironique, a commenté qu'on cherche à remettre en usage une dévotion qui convient seulement aux 'bonnes soeurs'; mais à un tel propos répliquent efficacement les mots mêmes de Carol Wojtyla, lequel affirme l'extrême actualité de cette prière: La spiritualité contemporaine ressent vivement l'exigence d'aller, pour ainsi dire, à l'essentiel. C'est pourquoi est en cours aujourd'hui une prometteuse redécouverte de l'authentique nature du Rosaire, cette prière qui aide à rester en compagnie du Christ, pour mieux Le connaître, en assimiler les enseignements, en vivre le mystère. Et qui, mieux que Sa Mère, peut nous accompagner dans cet itinéraire de l'esprit et du coeur? Voici le sens de la répétition de l'Ave Maria, qui constitue la trame sur laquelle se développe la contemplation des mystères (Esort. ap.Marialis cultus,77). Après la terrible tragédie du 11 septembre dernier, que le Pape a définie "un jour sombre dans l'histoire de l'humanité", dans toutes ses interventions publiques le successeur de Pierre a toujours exhorté à prier pour la paix: Que se lève dans l'Eglise une insistante invocation pour la paix avec la prière du Rosaire, de forme individuelle ou communautaire, tenant notre regard fixé sur Jésus Christ, notre Paix. Nous confions à la Vierge tous les missionnaires de l'Evangile et implorons pour eux la force d'être constructeurs de justice et de paix. Dans tout le monde on prie actuellement pour une telle paix, en cette heure chargée de graves préoccupations. Unissons notre fervente prière au Seigneur par l'intercession de Marie, Reine de la Paix.
A un mois des événements de New York, le Pape a guidé la prière des Evêques du Synode - terminé le soir - avec la récitation du Rosaire. Jadis, la récitation du Rosaire était fréquemment pratiquée dans les familles, spécialement au terme de la journée - se souvient le Saint Père, appelant ainsi les familles à reprendre l'usage de cette saine tradition... et faisant une nouvelle fois écho à la Sainte Vierge, qui nous l'a souvent répété. Stefania Consoli

 

 

Campagne diffamatoire contre Medjugorje

Malgré l'évidence que de profondes vérités sont contenues dans les messages de la Vierge, une partie de la presse catholique italienne a commencé une vraie campagne diffamatoire face aux événements de Medjugorje et à ses protagonistes. C'est une note douloureuse que cet accent strident dans une année où, du monde entier arrivent des choeurs de félicitations à la Reine de la Paix pour les 20 ans de ses extraordinaires apparitions. Avec le ton apparemment impartial de qui prétend rapporter des faits par "devoir d'information", ces articles démontrent en fait la totale inconnaissance des rapporteurs à l'égard de ce qui a eu vraiment lieu et qui, par la grâce de Dieu, continue aujourd'hui d'avoir lieu (nous l'affirmons naturellement dans la foi, en attendant que l'Eglise donne son approbation). Même sans posséder des informations extrapolées de quelques "documents importants" on peut dire en tout cas que ceux-ci devraient rester sous la protection des autorités ecclésiastiques; or voilà qu'on ne prend même pas la peine de contacter les personnes intéressées pour vérifier directement la véridicité de déductions arbitraires tirées par les rapporteurs eux-mêmes. Entre autres, nous nous demandons comment les supposés évêques permettraient de "visiter" les archives de la Curie au lieu de protéger le caractère privé de ce que le Seigneur a confié à leur soin pastoral.

Ce qui surprend c'est la sûreté avec laquelle on affirme des mensonges. Mais ce qui peine surtout, c'est le ton sarcastique (ça et là, pas loin de l'insolence) avec lequel on aborde l'analyse des "cas" et des "personnages", sans considérer que derrière ceux-ci existent des personnes qui se sont données à Dieu et à sa Mère et vivent bien des fois la souffrance de l'incompréhension et de l'injure. C'est la route des Béatitudes: Bienheureux serez-vous quand on vous insultera, quand on vous persécutera et quand on dira , en mentant, toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous et exultez, parce que grande est votre récompense dans les cieux. C'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes avant vous." (Mat. 5,11). Bien sûr, de cette triste histoire humaine "les monstres jetés en première page" (on parle de manipulateurs et de manipulés) tireront de grands bienfaits pour leur vie spirituelle, illuminant le chemin que d'autres enténèbrent, avec leur scepticisme, dans la présomption d'en savoir plus que Dieu. "Seigneur, tes pensées ne sont pas nos pensées". C'est la prière qui jaillit de notre coeur pour tous les catholiques appelés à servir Dieu en vérité et humilité, pour qu'ils se mettent à l'écoute des prophéties que, aujourd'hui encore le Dieu du ciel envoie sur terre. Prophéties - paroles et signes - envoyés pour diriger un peuple sans cesse cheminant à tâtons dans le désert de l'indifférence et de l'incrédulité.

Un livre publié récemment (Marie, aube du 3ème millénaire. Ed. Ares) est le travail de deux journalistes qui - comme ils le disent dans l'introduction - à la fois sont partis de Medjugorje pour y faire une enquête aseptique, et, à la fois sont revenus avec le désir irrépressible de témoigner. Entre chroniques et récits ils donnent des réponses aux diverses accusations qu'on fait çà et là à Medjugorje. C'est une des très nombreuses voix qui se chargent de transmettre à tous la joie d'une expérience personnelle de conversion. Voix de ceux qui ont expérimenté la grandeur du don d'une Mère venant nourrir ses fils de Sagesse et d'Amour. Voix qui combattent la volonté farouche d'effacer Medjugorje d'un coup d'éponge. Peut-être Medjugorje n'arrange pas celui qui préfère le rassurant "vivre tranquille dans le bon vieil ordre des choses".

Stefania Consoli

 

 

* Bienvenue à notre nouveau curé - Fra Branko Rados succède dans sa tâche à Fra Ivan Sesar qui, après un an de service à Medjugorje, a accepté le rôle de vicaire provincial et de maître des novices franciscains.

Fra Branko, 34 ans, a un caractère ouvert et cordial (nous l'avons vu diriger le festival des jeunes), don précieux dans cet emploi de "patron de la maison" qui doit accueillir une multitude si variée de pèlerins.

* Une statue blanche au lieu de la croix - Sur la colline des apparitions une statue de marbre de la Reine de la Paix a été bénite le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie. Placée sur le lieu où elle est apparue la première fois, elle remplace la croix de fer qu'on avait l'habitude de voir. Elle est le don de la Corée du Sud(mais le sculpteur est italien) qui a voulu,de cette façon, exprimer sa reconnaissance pour toutes les grâces obtenues par l'intercession de la Vierge.

* Ivan, père pour la 3ème fois - Après Cristina et Michela, est né David au début de septembre. La famille d'Ivan est aux USA et la joie de cette naissance a coïncidé ,hélas, avec les tristes événements qui ont bouleversé tout le pays. Que la venue d'une nouvelle vie soit porteuse d'espérance pour un peuple frappé à mort. (Bulletin de Presse)

 

 

Mirjana: Quand tu vois la Madone, tu vois le paradis

"Cet après-midi du 24 juin 1981 je fus la première, avec mon amie Ivanka, à voir la Madone sur la colline, mais jusqu'alors je n'avais jamais entendu parler d'apparitions mariales sur la terre. Je pensais: la Sainte Vierge est au Ciel et nous pouvons seulement La prier".
C'est le début d'une histoire intense et profonde que la voyante MIRJANA DRAGICEVIC SOLDO vit désormais depuis plus de 20 ans, c-à-d. depuis que la Sainte Vierge Marie l'a choisie pour être témoin de Son amour et de Sa présence au milieu des hommes.
Dans une interview dans la revue Glas Mira, Mirjana, non seulement raconte les faits, mais aussi les sentiments qui l'ont accompagnée au cours de ces 20 ans de vie avec Marie.

Le commencement.

"Quand Ivanka me dit qu'il y avait la Gospa sur le Podbrdo, je ne regardai même pas car je pensais que ce fut absolument impossible. Je répondis seulement avec une boutade: "Oui, la Madone n'a rien de mieux à faire que de venir vers toi et moi!" Donc je redescendis de la colline, mais ensuite quelque chose me dit de revenir vers Ivanka, que je trouvai à la même place que précédemment. "Regarde, je t'en prie" m'invita Ivanka. Quand je me tournai, je vis une femme vêtue de gris avec un enfant dans les bras. Je ne pourrais définir ce que j'éprouvai: bonheur, joie ou bien peur. Je ne savais plus si j'étais vivante ou morte, ou simplement effrayée. Un peu tout cela. Je ne pouvais faire autre chose que regarder. Ce fut alors que se joignit à nous Ivan, puis Vicka. Quand je rentrai à la maison je dis tout de suite à ma grand-mère avoir vu la Madone, mais naturellement sa réponse fut sceptique: "Prends le chapelet, prie le Rosaire, et laisse la Madone au Ciel, où est sa place!". Je ne pus dormir de la nuit et réussis à me calmer seulement en prenant en main mon chapelet et en priant les mystères. Le jour suivant, je ressentis devoir de nouveau me rendre à ce même lieu et j'y trouvai aussi les autres. C'était le 25. Quand nous vîmes la Sainte Vierge nous nous approchâmes d'Elle pour la première fois. Ce fut ainsi que commencèrent nos apparitions quotidiennes".

La joie de chaque rencontre.

"Nous n'avions aucun doute: cette dame était vraiment la Vierge Marie: Quand tu vois la Madone, tu vois le paradis! Non seulement tu le vois, mais tu le ressens dans ton coeur. Tu sens que ta Mère est avec toi. C'était comme vivre dans un autre monde; il ne m'importait même pas que les autres y croient ou non. Je vivais seulement dans l'attente du moment où je la verrai. Pourquoi aurais-je dû mentir? D'autre part, en cette période, ce n'était pas agréable du tout d'être une voyante! Durant toutes ces années Notre-Dame est restée toujours égale, mais la beauté qu'elle irradie ne peut se décrire. Quelques secondes avant son arrivée je sens en moi une sensation d'amour et de beauté, intense au point qu'il me semble que mon coeur va exploser. Cependant, je ne me suis jamais senti meilleure que les autres du fait de voir la Gospa. Pour Elle il n'existe pas de fils privilégiés, nous sommes tous égaux. C'est cela qu'Elle m'a enseigné. Elle s'est seulement servi de moi afin que je transmette Ses messages. Je ne lui ai jamais rien demandé pour moi directement, même quand je décidais quelque chose dans ma vie; en fait je savais qu'Elle m'aurait répondu comme à tous les autres: agenouille-toi, prie, jeûne et tu l'obtiendras".

La mission.

"Chacun de nous, voyants, a reçu une mission spécifique. Avec la communication du dixième secret les apparitions quotidiennes se sont interrompues. Je reçois pourtant 'officiellement' la visite de la Gospa le 18 mars. C'est le jour de mon anniversaire, mais ce n'est pas pour cette raison qu'Elle a choisi cette date pour Se présenter à moi. La raison de ce choix se comprendra par la suite. En outre, notre Mère m'apparaît le 2 de chaque mois; ce jour-là, nous accomplissons ensemble ma mission: prier pour ceux qui ne croient pas. Les mauvaises choses qui se produisent dans le monde sont la conséquence de cette incrédulité. Prier pour eux signifie donc prier pour notre futur. Plusieurs fois la Sainte Vierge m'a répété qu'une personne qui entre en communion avec Elle peut changer les 'non croyants' (même si la Madone ne se sert jamais d'une telle appellation mais "ceux qui n'ont pas encore rencontré l'amour de Dieu"). Ceci, nous pouvons le réaliser non seulement avec la prière, mais aussi avec l'exemple. Notre Mère désire que nous 'parlions' avec notre vie de manière telle que les autres voient Dieu en nous.
Souvent la Gospa m'apparaît triste, vraiment affligée pour ces enfants qui n'ont pas encore rencontré l'amour du Père. Elle est vraiment notre mère, et comme telle voudrait que tous ses enfants trouvent le bonheur dans la vie. Il ne nous reste qu'à prier pour Ses intentions. Mais nous devons d'abord ressentir de l'amour pour nos frères loin de la foi, évitant une quelconque critique ou appréciation. Ainsi nous prierons aussi pour nous et essuierons les larmes que Marie verse pour tous Ses fils lointains". (librement traduit de Glas Mira)

Ecoutons la mère du Verbe incarné

Marie à l'annonce de l'ange a accueilli dans son coeur et dans son corps le Verbe de Dieu et a apporté la Vie au monde. (Const. dogm. Lumen Gentium n. 53). Elle est "aussi unie à son Fils , par un lien étroit indissoluble" et "pendant la prédication de Jésus, elle a recueilli les paroles par lesquelles Il proclamait bienheureux ceux qui écoutent et gardent la Parole de Dieu (cf. Mc 3,35), ce qu'elle faisait elle-même fidèlement (cf. Luc 2,19 et 51) (id. n° 58)
En ce temps-là "qui, grâce à elle, est uni au ciel de façon spéciale"(mess. 25-05-1996), elle ne cesse pas, avec une tendresse maternelle infatigable, de nous rappeler à une ouverture toujours plus vraie et plus profonde à la Parole vivante du Père, qu'Elle-même a enfanté au monde et qu'elle offre encore aujourd'hui continuellement à ses fils comme la source unique de vraie joie, de paix et de salut.

La Vierge, dans ses messages, invite très souvent à la lecture et à la méditation de la Sainte Ecriture. Déjà lors des premières années des apparitions, elle-même se tourne vers les groupes de prière: Lisez et méditez la Bible (mess. 28-02-84) et elle répète encore, peu de mois plus tard:"Je veux vous révéler un secret spirituel. Si vous voulez être plus forts que le mal, faites-vous un plan de prière personnelle. Le matin, fixez-vous un laps de temps pour lire un fragment de la Sainte Ecriture, ancrez la Parole de Dieu dans votre coeur et efforcez-vous de la vivre pendant la journée, surtout au moment de l'épreuve. Vous serez ainsi plus forts que le mal (mess. 19-04-84). Ancrer la Parole de Dieudans le coeur signifie en imprégner toute la vie, dans ses aspects déterminants, comme dans ceux qui semblent insignifiants. La Parole devient moteur et orienteur de l'existence, grille sûre pour interpréter les événements personnels et extérieurs, pour comprendre le présent et être guide pour l'avenir. Sous la conduite de la Vierge, le disciple du Christ devient membre du Royaume messianique de la Bible. Aux paroissiens de Medjugorje, la Vierge donne deux conseils: lecture quotidienne de la Bible et place d'honneur réservée au Livre des Livres en famille. "Je vous invite à lire la Bible chaque jour en famille. Mettez-la en évidence pour que cela vous pousse à la lire et à prier. "(Mess. 18-10-84).
Ce n'est pas un livre à mettre sur un rayon de la Bibliothèque ou au fond d'un tiroir, mais un objet sacré, le plus précieux de tous, à bien placer sur un support qui le mette en valeur, au centre de la maison et qui invite à s'en servir chaque jour.
Quatre mois plus tard, Maria exprime une fois de plus son désir d'une croissance spirituelle de la famille, indiquant deux moyens:Toute famille doit prier ensemble et lire la Bible (mess.14-02-85).

A vrai dire il existe un lien substantiel entre la présence spéciale de la Reine de la Paix, parmi les hommes de ce temps et la Sainte Ecriture. Il ne touche pas de façon évidente au contenu de la Révélation, parce que le Christ, Fils de Dieu fait Homme est la Parole unique, parfaite et définitive du Père qui, en Lui , dit tout et il n'y aura pas d'autre parole que celle-là (CCC n. 65). Mais ce lien dérive du rapport exclusif et unique qui lie la Mère au Fils, à ce Jésus qui est le Médiateur en plénitude de toute la Révélation"(Const. dogm "Dei Verbum" n.2). Un lien de grâce qui, dans l'esprit le plus authentique du Magnificat, s'exprime pleinement dans la dimension humble et admirable du service à la Parole de Dieu qu'Elle-même, à la plénitude des temps" a engendrée dans la chair et que, dans l'obéissance au commandement de maternité universelle, reçu au pied de la croix, elle continue, avec le même "ineffable amour" à engendrer dans le coeur de ses fils à travers les temps.

En fait, la Vierge est uniquement poussée par le feu d'amour de l'Esprit-Saint qui vit en Elle, brûle et agit en plénitude, continue à se donner aux desseins de salut du Père pour que ses fils s'ouvrent pleinement à l'intelligence des Ecritures" (Luc 24,45). Non pas tant sur le terrain d'une compréhension purement intellectuelle des textes bibliques, mais sur les niveaux profonds de l'âme, dans cet espace où la Parole de Dieu s'accueille, réalise pleinement son action salvifique, créant une communion nouvelle, authentique, profonde et vitale avec le Verbe du Père et, par Lui, avec toute la Famille Trinitaire. "C'est pourquoi je vous appelle tous de nouveau à porter la parole de Dieu dans votre coeur et vos pensées. Petits enfants, mettez la Sainte Ecriture dans un lieu visible de votre maison, lisez-la, vivez-la. Réfléchissez et priez et c'est ainsi que Dieu naîtra dans votre coeur et votre coeur sera joyeux." (mess. 25-8-1991). "C'est pourquoi, petits enfants, priez et lisez la Sainte Ecriture, afin que, grâce à ma visite, vous puissiez découvrir dans la Sainte Ecriture le message qui est pour vous." (mess. 25-06-1991)
La Vierge veut nous conduire à une profonde implication d'esprit et de coeur, incarnée dans la réalité existentielle de chacun, avec la vérité libératrice de l'Evangile pour que la vie de Dieu débouche pleinement dans nos âmes, y engendrant un courant de grâce et de joie céleste capable de faire refleurir les déserts spirituels de notre temps. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons devenir de vrais missionnaires, d'efficaces porteurs et des témoins crédibles de la Vérité et de l'Amour de Dieu parmi les multitudes de frères qui attendent encore la lumière et que Marie veut rejoindre à travers notre réponse libre à son appel maternel. A travers votre exemple, mes petits enfants, vous serez les mains tendues de Dieu que cherche l'humanité. Ainsi seulement vous comprendrez que vous êtes appelés à témoigner et à devenir de joyeux porteurs de la Parole et de l'Amour de Dieu". (mess. 25-02-97)
Mes petits enfants, aujourd'hui encore, je vous invite à être joyeux, à devenir des chrétiens joyeux, responsables et bien conscients que Dieu vous a invités de façon spéciale à devenir des mains tendues joyeusement vers ceux qui ne croient pas, afin qu'avec l'exemple de votre vie, ils reçoivent foi et amour pour Dieu. C'est pourquoi, priez, priez,priez afin que votre coeur s'ouvre et soit sensible à la Parole de Dieu" (mess. 25-11-97)

La Vierge nous rappelle donc que pour rendre vive et féconde la Parole de Dieu dans les âmes, il faut d'abord s'ouvrir à la prière persévérante et profonde du coeur pour être enveloppés de plus en plus intimement dans ce courant éternel d'Amour divin qui engendre "faim et soif" surnaturelles de la Parole, nous faisant de vrais instruments de grâce et de vérité prophétique dans ses mains. "Ce temps est mon temps; c'est pourquoi, petits enfants, je vous invite de nouveau à prier. Quand vous trouverez l'unité avec Dieu, vous sentirez la faim pour la parole de Dieu et votre coeur, petits enfants, débordera de joie. Vous témoignerez, partout où vous serez, de l'amour de Dieu." (mes. 25-01-97)

Giuseppe Ferraro (suite)

 

'Etre une famille' dans le Coeur de Marie

Il était normal de la rencontrer ici, à Medjugorje, un micro à la main, toujours prête à traduire pour les pèlerins les paroles des frères et en particulier de P.Slavko. MILONA de HABSBOURG, d'origine allemande, a mis à la disposition de la Gospa durant de longues années sa connaissance de nombreuses langues et son service aux pèlerins, avec un style humble et discret, simple et sincère qui mettait tout le monde à l'aise. Nous l'avons rencontrée récemment à Medj. où elle s'est encore une fois rendue utile auprès des jeunes français en leur traduisant les exposés du Festival d'août dernier. Pourtant, maintenant sa vie a changé parce qu'entre temps Milona est devenue épouse et mère, et a compris - comme elle-même nous le raconte dans l'interview - l'appel à être contemplative dans le monde et à vivre en famille le don de la consécration.

Milona, quelle a été ton expérience de vie dans ce lieu de grâce?

A Medj. j'ai vécu une fantastique école de vie, aux côtés du P.Slavko, de 1985 à 1996 (année où j'ai quitté définitivement Medj.). Je répondais à toutes les lettres, mais surtout je le secondais dans le travail de traduction: 4-5 heures de catéchèse par jour, et lorsqu'il y avait trop de pèlerins, nous unissions deux groupes de différentes langues: P.Slavko parlait en allemand et je traduisais en anglais, ou bien il prêchait en italien et moi, je traduisais en français... Et puis, je l'assistais dans les rencontres personnelles, dans les voyages, en somme un travail qui m'occupait de 9 heures du matin jusqu'au soir où je traduisais les prières et les réflexions prévues au programme paroissial. Mais c'était un travail doux et léger, j'irais même jusqu'à dire que ce n'était pas un travail car il devenait seulement prière. J'ai également vécu ici durant la guerre, priant et jeûnant avec la population d'Herzégovine. Des moments vraiment précieux que je n'oublierai jamais. A cette école j'ai appris le vrai sens de l'existence mais surtout à savourer le goût de demeurer dans le Coeur de la Madone. Ce fut Elle qui me fit entrer dans Sa famille, Sa Sainte Famille, et j'ai découvert comment Elle la vit, comme Elle regarde le mariage, comme Elle nous invite à expérimenter les joies profondes de l'amour familial vécu en Dieu.

Avais-tu déjà envisagé la possibilité de te marier?

Dans mon coeur je comprenais toute la beauté de l'appel au mariage, mais dans ma tête revenait souvent l'idée de la consécration dans une communauté. Toutefois, peu à peu je découvris que je devrai faire de toute façon ma consécration, que ce soit à l'intérieur ou hors d'un couvent et qu'il n'existait pas une distinction aussi nette entre ces deux états de vie. Ce fut la Madone qui me le fit comprendre. Elle m'expliqua que nous devons être contemplatifs dans le monde. Nous y sommes tous appelés; ce fut l'appel de la Sainte Vierge Elle-même. Et cela change le monde, cela fait un monde nouveau car nous vivons continuellement en présence de Dieu et nous nous rendons compte qu'Il donne vie à tout ce que nous faisons. C'est cela le futur du monde, et si cela vient à manquer, les générations futures n'auront pas la terre pour pouvoir croître. Il manquera l'humus: notre Mère nous fait humus pour ceux qui viendront. C'était beau pour moi de découvrir que Dieu ne vit pas seulement dans les 'cloîtres' mais partout; à nous de L'accueillir et de vivre comme Notre-Dame la confiance en notre Père Créateur, à travers la rédemption du Fils, dans l'Esprit Saint. C'est une réalité qui nous habite. C'est l'école de Marie parce qu'Elle a vécu ainsi. Je suis convaincue que le triomphe de Son Coeur Immaculé viendra quand Jésus pourra être Roi dans la plénitude de son action salvatrice; quand Dieu sera accueilli partout comme Père; quand nous, temples vivants de l'Esprit Saint, deviendrons en tout moment de la journée adoration et louange. Alors, nous serons comme Marie.

Que provoqua en toi cette réflexion?

J'avais compris que c'était 'l'appel', aussi décidai-je de m'aventurer dans le monde et je partis de Medj. un an avant de connaître celui qui allait devenir mon mari. Pourtant je n'envisageais pas encore l'idée de me marier, j'en percevais seulement les signes; jusqu'alors j'avais regardé le mariage avec un peu de crainte. Il me paraissait une condition trop étroite, restrictive et même un peu ennuyeuse comme voie. Dans le passé j'avais, entre autres, rencontré tant d'hommes mariés qui ne portaient pas sur moi un regard droit, mais cherchaient ce qu'ils n'auraient pas dû. Je sentais en moi l'humiliation de l'épouse restée à la maison, mais peut-être la regardai-je aussi avec un peu de supériorité parce que lui, à ce moment, me préférait. Ce climat d'adultère me faisait mal au coeur, à la tête, à l'estomac, me remplissait de peur et donc je refusais résolument la perspective de noces.

Mais cela ne finit pas ici...

Non cela ne finit pas ici: quelque chose en moi ne trouvait pas la paix Je me rendis alors dans une petite chapelle franciscaine proche de ma maison de Monaco et je dis ouvertement à St Antoine: "Ecoute, si cet homme existe sur la terre, je te le confie; protège-le et fais qu'il devienne comme il doit devenir, je ne sais pas... je ne le connais pas...". Ce geste me rendit sereine, j'avais tout confié à lui. En moi il ne restait plus rien. Oublié. Je retournai donc à Medj. En juillet 93 je ressentis qu'une surprise allait arriver dans ma vie et je fis une sorte de retraite intérieure en compagnie de St François: une petite statuette, et moi dans le silence de ma maison. Un jour, le responsable d'une association humanitaire française m'appela: "Bonjour, je te présente Charlie; Charlie, je te présente Milona". A ce moment je vis le sourire de ce grand jeune homme français qui m'était présenté inopinément, et dans le même instant je vis aussi son coeur. Je ne le regardais pas lui, mais son coeur 'éveillé'. Je ne savais pas qu'il y eut en moi quelque chose de vivant aussi profond, je l'ai ressenti pour la première fois. C'était un petit air de printemps... Je saluai et repris ma route, ma neuvaine et l'attente de la surprise... sans savoir qu'elle était déjà arrivée!

Compris-tu alors que c'était lui l'époux que Dieu t'avait destiné?

Mais non!... Il était plus jeune que moi; il avait découvert Dieu depuis peu et, comme tous au début, il voulait Lui rester le plus proche possible, aussi pensait-il au sacerdoce. Il me cherchait seulement pour recevoir des conseils spirituels... Le sentiment de notre première rencontre était encore vif en moi, mais je ne voulais pas être énamourée d'un 'enfant' qui voulait devenir prêtre! Ce n'était certainement pas la consécration à laquelle j'aspirais. Pourtant, mon coeur en savait plus que ma tête, aussi j'acceptais de le voir et de prier avec lui. Quelque chose de complètement nouveau entra dans ma vie. Je découvris qu'il était beaucoup plus beau de prier ensemble. Ce n'était pas mon habitude, j'avais toujours été seule, mais je m'aperçus que là, en priant avec lui, il se produisait quelque chose de plus grand, de plus complet.

Es-tu restée avec lui à Medjugorje?

Non, nous décidâmes d'aller en France et d'essayer de cheminer ensemble. Mais moi, je ne savais pas que faire avec un 'boyfriend', ni comment me conduire avec un amoureux, j'avais oublié ces choses là. C'était une découverte totale, en tout, comme pour une enfant, même si je me sentais vieille, avec mes 35 ans! Les cours pour fiancés m'enseignèrent ce qu'est vraiment le mariage. On me dit que Jésus protège la relation mais que Lui-même en est le centre. J'avais peine à le croire, moi qui étais en train de quitter les prêtres matures de Medj. pour suivre un jeune garçon.... Mais le Seigneur me montra que je me trompais; je n'étais pas en train de laisser les prêtres pour Charles, j'étais en train d'entrer plus profondément en Lui; parce que Lui, le Seigneur, est la sécurité de toute voie, Il est le rocher. Combattue dans mes peurs, un jour j'entendis un confesseur me dire: "Sais-tu pourquoi tu seras vêtue de blanc pour tes noces?" Cela me semblait évident: symbole de virginité, etc... "Non, parce que tu es épouse du Christ!". cela changeait tout. J'entrerai dans l'église avec le vêtement de l'épouse du Christ, représentant l'Eglise qui s'unit avec son Jésus. C'est Lui le Vierge, et moi l'épouse en blanc parce que j'épouse le Vierge. Ce n'est donc pas la condition physique mais Sa virginité; c'est la plénitude de vie où Dieu S'écrit. Je n'avais plus peur, j'étais en train de vivre des grandes réalités divines et ecclésiastiques dans la plus totale simplicité.

Arriva donc le jour des noces?

Oui, il arriva, même si nous avons dû traverser bien des souffrances humaines. Pourtant les réalités éternelles étaient tellement belles, tellement supérieures aux difficultés de ce monde, que j'apprenais à aimer ce chemin comme don de Dieu. Charles et moi le vivions avec cette conscience, avec gratitude, accueillant notre faiblesse et nos limites. Et puis est arrivée Claire-Marie, une enfant merveilleuse qui a deux ans et demi aujourd'hui et qui, outre me donner de la joie, m'aide dans ma conversion quotidienne. Que dire de plus, je sais seulement que, lorsqu'on demeure avec la Madone, toutes les demandes disparaissent et la vie de Dieu se révèle dans toute sa beauté. Notre-Dame nous rend simples où nous sommes compliqués. J'ai expérimenté que si nous acceptons la Mère, nous recevons le Père, nous recevons le frère et donc nous devenons une famille. A ce point nous nous acceptons et alors la disposition à être une famille devient paix. Tout ceci passe par le Coeur de Marie.

Rédaction

 

 

Marie ou Eve?

"Toute sa vie la femme peut être Eve, mais elle peut aussi être Marie. Nous devons faire un choix". L'invitation de Sr Elvira - fondatrice de la Communauté Cénacle - lancée aux jeunes réunis à Medj. en août dernier, témoigne la conscience claire que toute femme se trouve aujourd'hui face à un carrefour, enraciné profondément dans sa nature spirituelle. Choisir d'imiter Marie signifie s'engager dans le bon chemin pour réaliser sa propre vocation de femme.

Marie est l'opposé d'Eve

C'était une femme simple, quelconque à Nazareth; on ne la distinguait pas, sinon par sa grâce. Sa grâce était celle d'aider les autres, de la prévenance face aux désastres, à la pauvreté des autres. Elle était la servante de tous... que c'est beau! Simplicité, transparence, en Elle nulle compromission, rien de caché, pas de raison d'avoir peur. La regarder signifiait voir un cristal... déjà l'éternité! En regardant Marie nous devrions tendre notre regard et vivre l'éternité. Simple, transparente, humble, de l'humilité de Dieu. Elle l'a compris, quand Elle a dit: "Qu'il soit fait en moi selon ta parole". Elle a compris que Dieu, l'Infini, l'Eternel, le Créateur du Ciel et de la terre s'est réduit à un embryon. Pensez: nous qui avons toujours peur de perdre, et Lui qui s'est anéanti. Mais quelle histoire! C'est une affaire simple, qu'il est tout à fait possible de vivre, d'imiter... ce serait dommage de ne pas le faire!

Si nous n'imitons pas Marie, nous imitons Eve.

Eve combat avec la mentalité de ce monde. Fausseté, mensonge, assassinat, vol, qui nous ravit la vie, la beauté, le parfum de l'être chrétien. Nous, nous devons vivre Marie; je le dis aux femmes, mais je le dis encore plus aux hommes. Jeune garçon, si tu ne deviens pas amoureux de Marie, toute femme, aussi bien celle qui est proche de toi en ce moment, te trompera, te décevra, t'humiliera, parce qu'elle est plus fourbe que toi. Je le dis surtout aux jeunes garçons car la femme, si elle n'est pas Marie, c'est la malice d'Eve.

Chacune de nous, femmes, nous nous interrogeons....

0000A nous, le Seigneur a donné un ventre pour donner la vie; nous avons reçu une structure où Lui puisse être la vie: l'utérus. L'utérus pour porter la vie. L'utérus pour faire croître la vie. L'utérus de miséricorde de Dieu. Mais il ne peut se substituer à la femme! Nous devons être Marie; autrement le monde, l'autre partie du monde, est perdu, disparaît, meurt, et c'est justement pour cela qu'il y a plus de morts que de vivants dans notre société. Parce que la femme continue à chercher les choses au lieu de chercher au contraire ce désir poignant qui nous vient de l'infini et qui est à l'intérieur de nous. D'un amour, mais un amour infini. D'une beauté, mais une beauté infinie, d'une 'signature' infinie.

Nous avons besoin de rencontrer le visage du Père.

Si la femme Le rencontre, elle le reflète à l'homme au travers d'elle-même. Alors nous commençons tous à être vraiment vivants et notre vie s'appelle vie chrétienne. Je vous ai dit les choses que nous nous disons entre nous, que je dis aux jeunes gens et aux jeunes filles drogués. Mais je pense que nous le sommes tous un peu. Si notre coeur n'est pas totalement à Dieu, il y a un peu de drogue. Les drogues portent tant et tant de noms: soyons attentifs. Elle pourrait aussi avoir pour nom la prière - "mais moi, je prie toujours" - entend-on dire. Regarde dans ton âme: si la prière ne transforme pas ton coeur, ton visage, tu n'es pas en train de prier le Dieu vivant mais tu t'adores toi-même. Alors, notre foi n'est pas une religion: tu dois te transformer, devenir vivant. Aujourd'hui meilleur qu'hier... Nous sentons devoir être nous-mêmes les premiers bénéficiaires de la foi. Le don que Dieu m'a fait, c'est un don qui doit me rendre meilleure, plus vraie, et je vous dis aussi, plus jeune, plus belle. Je le dis aux femmes: la prière, la vie chrétienne n'ont pas besoin de se mettre des maquillages, les artifices ne servent à rien parce qu'elles nous rendent vraiment plus belles, plus lumineuses et sans rides.

Dans l'utérus de la femme, dans l'esprit de Dieu, naissent beaucoup de prêtres.

Beaucoup de consacrés naissent... mais les mamans préfèrent la carrière. Les mamans préfèrent les diplômes. Les mamans préfèrent le pouvoir, la gloire de ce monde. Mères, la vocation passe par votre coeur, votre foi, votre prière! Elle passe par votre pauvreté lorsque vous accueillez les pauvres à la maison. Il y a déjà bien peu de prêtres, de consacrés... s'ils venaient à manquer nous nous priverions du pardon de Dieu, de la miséricorde de Dieu. Nous devons offrir nos enfants à la Sainte Vierge, quand ils sont encore dans le sein maternel. A vous, jeunes, qui êtes plus généreux, je dis: prenez souvent contact avec Dieu pour Lui dire: "Seigneur, envoie l'appel à mon fils, pour que Ta miséricorde continue sur la terre, pour que la présence de Jésus Eucharistie demeure pour toujours, partout". Femmes, mamans, tout dépend de vous. Merci!

(d'un enregistrement de Sr Elvira)

 

 

C'est le 31 janvier 1989 que la Vierge, par l'intermédiaire de Jelena, se tournant vers le groupe de prière, a dit:" Mes Chers enfants, je veux que votre nouveau pas vers Dieu soit amour, prière et paix. Mes enfants, si vous ne priez pas, vous ne pourrez trouver amour et paix et tout ce que Dieu veut vous donner. C'est un message simple, apparemment évident et pourtant il exprime les règles fondamentales de notre chemin vers Dieu. Et de notre réponse dépendra la paix du monde.

 

La paix, fruit d'amour et de prière

du Jelena Vasilj

Un jour on demandait à Saint Ignace comment il aurait réagi si son ordre était dissous. Il répondit que pour franchir une telle crise, une heure de prière lui suffirait. Ce n'est pas seulement lui, mais tous ceux qui prient trouvent moyen de rencontrer la paix comme fruit de la prière. Dans la prière, ou mieux dans la rencontre avec Dieu, l'homme spirituel se retourne vers Dieu, son coeur inquiet trouve le repos. C'est dans la nature du feu de brûler vers le haut. De la même façon, le désir de l'homme tend aussi vers le haut. Ce n'est qu'en suivant cet ordre auquel l'homme est destiné par le lien de la Charité, qu'il trouvera sa paix. L'homme inquiet est, au contraire, un homme dispersé dans son affectivité parce qu'il est encore incapable de mettre en ordre ses tendances affectives, qui,au lieu de tendre vers le haut vont vers le bas. C'est le cas d'une personne spirituellement immature qui souvent manque de paix; comme une barque en constant naufrage, sous la menace des vents et des flots, qui s'agite sans cesse, une barque où on pourrait dire que le Christ y dort encore. Ces tendances affectives sont bien identifiées par S. Augustin qui les compare à des pieds, pouvant aussi représenter les mouvements de l'âme, mais même si les pieds marchent sur la terre ils doivent tendre vers le haut.
Je voudrais éviter que ce raisonnement suscite des idées erronées et fasse croire qu'on veut condamner toutes les formes d'affection terrestre, ne justifiant que celles qui sont tournées vers Dieu. Il faut bannir bien loin une pareille affirmation, car le Seigneur lui-même nous ordonne d'aimer le prochain -c'est un commandement, pas une opinion - mais il le fait toujours dans le contexte de l'amour divin, ce qui nous fait penser que le bonheur humain est imparfait, donc incapable de satisfaire à fond le coeur de l'homme. Dans cette perspective, nous pouvons conclure que le coeur inquiet ne trouve son repos qu'en Dieu.
Dans notre recherche de la paix, il existe une autre sorte d'erreur à éviter absolument et c'est de vouloir faire de la paix un absolu. Dans le passé il y a eu un courant mystique appelé quiétisme, où l'homme mettait toutes ses forces à chercher la paix,et, dans un certain sens, mettait Dieu à la seconde place. Le Seigneur devenait un instrument pour acquérir la paix, alors que Jésus nous dit:Je suis venu pour apporter la guerre et non la paix. Le genre de paix à quoi Jésus se réfère est une fausse sorte de paix: une paix qu'on voudrait obtenir sans la croix, sans la mort à soi-même, une paix qui fait retomber en plein dans notre égoïsme, dans nos peurs qui, à leur tour, peuvent susciter en nous une sorte de fuite spirituelle camouflée sous un état apparent de . paix

La paix est toujours fruit de quelque chose: fruit de la présence du Saint-Esprit, mais aussi fruit de nos bonnes oeuvres. Normalement on dit: avoir la conscience en paix quand on fait des oeuvres bonnes. Mystiquement parlant il s'agit du repos de l'âme, fruit d'avoir fait le bien. Et, faisant le bien, l'âme imite son créateur qui, après son oeuvre des six jours (oeuvre bonne à ses yeux) se repose le septième. On peut donc conclure que la paix sans la réalisation du bien, devient une apparence de paix. Mais il est vrai aussi que le chrétien, dans sa recherche de la paix, vit une sorte de paradoxe parce qu'il doit regarder sa croix d'où lui viendra la paix. La miséricorde Dieu est une source de paix pour chacun de nous. L'homme, à partir de sa chute, perd le sens de la justice et la capacité d'établir la paix sur la terre. Ce n'est qu'avec l'intervention de la grâce, nouvel ordre de la création , qu'il est possible d'avoir la paix. sur la terre. Avec confiance nous devons chercher notre paix dans le pardon du Père c'est-à-dire dans le sacrement de la confession, la plus grande source de paix.
Cette grâce, nous la demandons à la Reine de la Paix qui, depuis 20 ans nous enseigne que la paix est un événement personnel entre Dieu et l'homme. Fait personnalissime, il doit donc venir du coeur de l'homme qui, à son tour,le passera à sa famille; et de la famille il s'irradiera sur le monde entier.

 

Chers lecteurs et lectrices

Nous terminons avec vous cette année en remerciant le Seigneur de tout ce qu'il nous a donné et pour l'aide concrète qui ne nous a pas manqué dans notre travail avec l'Echo. L'Esprit-Saint, par des canaux apparemment invisibles, nous donne ce qu'il faut pour nos réflexions et met en oeuvre des mains généreuses pour qu'elles arrivent même aux terres lointaines. Donc un grand merci aux distributeurs: les facteurs de Dieu. Merci en outre aux nombreux traducteurs qui font leur service pour que l'Echo puisse être lu par tant d'entre vous. En particulier le Père Bruno Cerrato (Belge) qui, récemment, s'était mis à notre disposition pour traduire une partie du texte français, ce cher et humble prêtre, en septembre dernier a , hélas, quitté cette terre. Avec Don Angelo, il continue sûrement à nous aider au ciel par ses prières. A tous, bon cheminement vers Noël , avec le souhait de nous rendre petits et pauvres pour accueillir ce Jésus qui s'est fait enfant et a choisi une mangeoire pour berceau.

La Rédaction de l'Echo de Marie.